Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Madame la députée, je vous remercie d'abord d'avoir rendu hommage aux chefs d'établissement et aux personnels de l'éducation nationale. Il est vrai que certains d'entre eux ont été mis à rude épreuve depuis deux semaines. J'étais hier à Bobigny, auprès des proviseurs qui ont été les plus touchés par les violences auxquelles vous avez fait référence et qui sont évidemment scandaleuses. C'est dans ces moments-là qu'on voit que l'éducation nationale est une belle maison, une maison solide, à l'image de ce que doit être la République, avec des fonctionnaires engagés.
La réforme du baccalauréat était attendue depuis plusieurs dizaines d'années et elle a été réalisée l'an dernier, à l'issue de concertations qui ont impliqué plus de 40 000 lycéens. Elle est donc le fruit d'un travail avec et pour les lycéens. Présentée en février dernier, elle a fait l'objet d'un assez large consensus de la part des principaux intéressés. Ils ont bien vu qu'elle avait été conçue pour revaloriser le baccalauréat, pour permettre une personnalisation des parcours, pour en finir avec les couloirs que constituaient les séries S, ES et L et pour offrir un choix plus large.
Comme toute réforme, elle suscite des questions au moment de sa mise en œuvre, et c'est bien normal. Mais ces questions doivent être posées dans le calme, et dans le cadre d'un dialogue démocratique. Parce que j'entends les revendications exprimées par certaines voix lycéennes, mais parce que j'entends aussi tous les lycéens qui accueillent cette évolution avec enthousiasme, j'ai avancé la date de convocation de l'instance la plus démocratique qui soit pour les lycéens, à savoir le Comité national de la vie lycéenne, qui est composé de délégués élus par des lycéens de toute la France. Il se réunira lundi prochain au ministère et nous pourrons avoir un dialogue démocratique dans ce cadre.
Je me suis par ailleurs engagé à ce que la liste des spécialités, établissement par établissement, soit connue avant les vacances de Noël. Les lycéens auront ainsi le temps, d'ici le mois de juin, pour examiner avec leur famille les nouvelles libertés qui leur sont offertes.