Aurélien Pradié…ne demandent pourtant pas la charité, pas un des minima sociaux : ils demandent la juste reconnaissance d'une vie de labeur. En entendant cette réponse, j'ai eu honte qu'un grand pays comme la France soit incapable de rendre à ses retraités agricoles le juste fruit de leurs efforts. Non, le minimum vieillesse n'est pas la réponse ; ils n'y sont souvent pas éligibles car le retour sur succession les sacrifie.
Tout cela, cette vie réelle, le Président s'est bien gardé d'en parler. Durant sept heures, obsédé par sa propre mise en scène, il en a oublié la colère du pays. Et je veux dire aux députés de la majorité qui s'extasient béatement devant les performances d'Emmanuel Macron : restez en extase mais élargissez votre adulation ! Extasiez-vous donc devant ces agriculteurs qui travaillent quinze heures par jour, extasiez-vous devant nos infirmières, devant nos ouvriers aux trois-huit, devant nos artisans, devant nos commerçants, extasiez-vous devant ceux qui le méritent vraiment !
Ne jouez pas à la grande illusion, ne jouez pas avec démocratie, ne cédez pas au spectacle du vide. Les Français n'attendent pas d'être bluffés ou distraits sur des plateaux de télévision ; ils attendent des actes ! Dans la mythologie, Narcisse mourut de s'être trop aimé, trop regardé, trop adulé ; Narcisse périt d'en avoir oublié qu'autour de lui, un monde existait. Ne réduisez pas notre démocratie au royaume de Narcisse !