Olivier FaureUn restaurant Bagelstein tagué de l'inscription « Juden » – « juifs » – comme aux temps sinistres de l'étoile jaune. L'effigie de Simone Veil, rescapée des camps de la mort, recouverte d'une croix gammée. La sépulture profanée d'Ilan Halimi, torturé et assassiné parce que juif. Trois jours, trois actes qu'ici personne ne peut accepter – et tant d'autres qui n'ont pas connu la même publicité...
Les chiffres, tout le monde les connaît désormais. En 2018, le nombre d'actes antisémites a connu une augmentation de 74 %. Ce matin, j'ai entendu le rabbin Delphine Horvilleur s'exprimer à la radio. Elle a raison : maintenant, il faut réagir. Réagir fortement. Réagir ensemble. Réagir durablement. Ne pas laisser l'antisémitisme se banaliser. Ne pas laisser l'histoire se répéter.
L'antisémitisme, ce n'est pas l'affaire des Juifs, c'est l'affaire de toute la Nation ! C'est l'affaire de la gauche, de la droite, du centre, de ceux qui soutiennent le pouvoir comme de ceux qui le contestent. Il y a trente ans, nous manifestions dans les rues de France par centaines de milliers. Aujourd'hui, l'émotion ne se manifeste qu'au travers de quelques tweets... Pour les jeunes générations, nous devons continuer à dire non. Non, ce n'est pas la France ! Savez-vous qu'aujourd'hui, 51 % des lycéens ignorent jusqu'au sens du mot « shoah », et que 19 % des 18-34 ans ignorent l'existence même du génocide ? Nous devons agir !
Depuis ce matin, je suis en contact avec tous les responsables de partis. Tous veulent s'engager dans un appel commun. Nous avons besoin de mobilisations claires, massives, et d'actions durables pour éviter de retomber dans les travers de l'histoire – parce que c'est cela, la France.
Monsieur le Premier ministre, ici nous sommes tous prêts à combattre la haine sous toutes ses formes à vos côtés, et c'est ce message que notre hémicycle doit aujourd'hui faire entendre, c'est ce message qui nous est commun. Parce qu'ensemble, nous sommes la République !