Jean-Pierre CubertafonMonsieur le président, je m'associe à vos propos. Pour commencer, je voudrais, au nom du groupe du Mouvement démocrate et apparentés, condamner avec la plus grande fermeté et le plus grand dégoût la profanation, cette nuit, du cimetière juif de Quatzenheim. Je veux aussi saluer le déplacement du Président de la République, accompagné de notre collègue Sylvain Waserman qui, pendant dix ans, fut maire de cette commune. Cet acte odieux vient s'ajouter à une liste déjà trop longue de paroles ou actes antisémites. Nous manifestons notre solidarité totale avec nos compatriotes juifs, qui font partie intégrante de la nation française.
J'en viens à ma question. Aujourd'hui, le recours au numérique ne cesse de s'étendre. Notre administration, dans un souci de modernisation, n'échappe pas à ce processus. Les exemples du passage à l'administration numérique sont nombreux, de la déclaration d'impôts sur le site impot.gouv.fr au renouvellement des papiers d'identité sur celui de l'Agence nationale des titres sécurisés.
Député d'un territoire rural, la Dordogne, je constate néanmoins que les récriminations ne cessent de croître contre des processus administratifs de plus en plus numérisés et, surtout, de plus en plus déshumanisés. Cela touche en premier lieu les personnes vulnérables, âgées ou à faibles ressources.
J'ai en tête l'exemple d'une veuve âgée de plus de 80 ans, qui doit refaire son permis de conduire, parce qu'elle l'a perdu. Faire faire la photo aux normes, avec la signature numérique, remplir le formulaire en ligne, numériser les pièces justificatives, acheter un timbre fiscal électronique… : c'est un vrai parcours du combattant numérique, impossible à accomplir sans aide.
Nombre de personnes n'ont pas les équipements, l'agilité ou la compréhension nécessaires pour s'orienter dans ces méandres téléphoniques ou informatiques. Le découragement prend alors souvent le dessus.