Loïc Prud'hommeDans toute l'Europe les jeunes, conscients de l'aveuglement irrationnel conduisant à prôner une croissance infinie dans un monde fini, ont décidé de se mobiliser. Ils veulent décider de leur avenir en prenant maintenant des mesures radicales contre le changement climatique. Ils parlent déjà de décroissance énergétique, et semblent avoir saisi ce problème évident mieux que vous.
Cette génération sait que votre passivité la condamne. Alors que, dans dix ans, nous risquons d'être submergés par la fonte de l'immense glacier Thwaites, et c'est tout l'Antarctique qui est aujourd'hui menacé.
Mais peut-être est-ce sur la définition du verbe agir qu'il y a un malentendu ? Les beaux discours et les successions de sommets de la terre entre pollueurs, cette génération ne veut plus en entendre parler, et vous demande de réagir, ou de partir.
Alors que, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, vous tentez d'opposer luttes écologistes et lutte contre la pauvreté, les jeunes vous répondent : « Fin du monde, fin de mois, même combat ! » Votre fausse écologie libérale, ils n'en veulent pas !
Cette génération sait que l'écologie ne peut être que populaire, que la lutte contre le changement climatique ne se fera pas sans un véritable partage des richesses et une lutte contre les inégalités.
Tandis que, partout, la jeunesse se lève, vous continuez à vous coucher – devant les lobbys pétroliers et nucléaires ; devant les rentiers de l'évasion fiscale ; devant les multinationales aux dividendes indécents, qui saccagent nos vies, les sols, les océans, les rivières et les forêts.
Après le constat du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat – GIEC –, qui nous laissait deux ans pour changer de trajectoire, cette jeunesse réclame la justice sociale et environnementale avec l'énergie du désespoir.
Face à l'urgence et à l'importance des enjeux, je souhaite que le Premier ministre me réponde mais surtout qu'il réponde à la jeunesse du pays : allez-vous enfin changer de cap, avant que votre politique ne nous fracasse sur le mur de l'inconséquence climatique ?