Clémentine AutainAlors que rien n'y oblige, pourquoi voulez-vous nous voler nos plus belles années de retraite ?
Le porte-parole du Gouvernement nous a prévenus : repousser l'âge de départ à 65 ans se fera « quelle que soit la méthode ». Qu'importe la démocratie pourvu que vous ayez l'ivresse de détruire nos droits pour maintenir le marché libre et les hyper-riches bien au chaud. Par la force, vous voulez imposer une immense régression sociale à la majorité de notre pays au mépris de tout.
Au mépris des conclusions du Conseil d'orientation des retraites : non, le système n'est pas en déficit, il est même excédentaire, avec une trajectoire maîtrisée jusqu'en 2070.
Au mépris du taux de chômage croissant des seniors, qui devrait décourager toute idée d'allonger le temps dans l'emploi.
Au mépris des femmes et des précaires qui seraient les premières victimes d'un allongement de la durée de cotisation.
Au mépris de l'opposition massive qui s'exprime dans le pays : plus de sept Français sur dix rejettent votre idée d'un nouveau recul de l'âge de départ à la retraite.
Non, travailler plus longtemps ne sera jamais un progrès, pas plus qu'abaisser le niveau des pensions.
Notre système a permis de réduire la pauvreté chez les retraités. Pourquoi vouloir le démolir ? Vous prétendez dégager ainsi 8 milliards d'euros pour payer nos hôpitaux ou nos écoles, mais vous oubliez de décompter les répercussions en termes de chômage, de santé et de solidarité. Si vous cherchez de l'argent, ce n'est pas compliqué d'en trouver. Ce montant de 8 milliards, c'est ce que nous coûterait la suppression des impôts de production que vous prévoyez. On peut aussi trouver 10 milliards avec la taxe sur les superprofits. C'est un choix de société.
C'est pourquoi nous appelons à une grande marche à Paris le dimanche 16 octobre pour faire entendre la voix de cette majorité qui refuse l'érosion sans fin de nos droits à la retraite. Madame la Première ministre, pourquoi refusez-vous de l'entendre ?