Fabien RousselMadame la Première ministre, parlons travail !
Après trente-cinq ans d'ancienneté à Arc France, un ouvrier ne perçoit qu'un salaire de 1 448 euros net par mois. Il est posté de 5 heures à 13 heures, soit 8 heures de boulot avec 30 minutes de pause et deux fois 10 minutes de pause pipi. Pour survivre, il est obligé de demander sa prime d'activité à la caisse d'allocations familiales et il a droit à l'allocation de rentrée scolaire ainsi qu'au chèque énergie, mais, pour lui, et ce sont ses mots : ce n'est pas digne !
Idem pour ce couvreur-zingueur qualifié âgé de 30 ans qui travaille 45 heures par semaine et touche 1 400 euros net par mois. Il m'a dit qu'il va arrêter, car cela ne paye pas.
Quant à ce couple de 45 ans vivant dans un pavillon d'un petit village de chez moi avec 3 262 euros par mois pour deux, entre les prêts, les études des enfants et les factures qui augmentent, son déficit est de 600 euros par mois.
Il y a aussi tous ces agriculteurs qui démissionnent : chez eux non plus, le travail ne paye plus.
Et ce salarié de Total en grève, il touche 1 366 euros net par mois, pas 5 000 euros ! Alors que son patron distribue 2,5 milliards de dividendes et s'augmente de 52 %, lui aussi doit compter sur la CAF et sur la prime d'activité payée par nos impôts. Et il faudrait qu'il se taise ?
Ces hommes et ces femmes sont la fierté de la nation. Ils travaillent dur, ils se lèvent tôt. Derrière eux, il y a des vies et des familles. Ils ne veulent pas la charité : ils veulent être respectés.
Pour débloquer la situation chez Total et pour les Français, ce ne sont pas les salariés qu'il faut réquisitionner, mais les patrons de Total et d'Esso pour qu'ils augmentent les salaires. C'est ce qui est demandé.
Madame la Première ministre, la France est riche, mais les travailleurs sont pauvres. Les députés communistes et GDR vous demandent de convoquer une conférence salariale pour placer les entreprises face à leurs responsabilités afin qu'elles indexent les salaires sur l'inflation.