Elsa Faucillon« Aujourd'hui, en France, on soigne mal les enfants […]. » Ce ne sont pas mes mots, évidemment, mais ceux de la cheffe du service pédiatrique de l'hôpital Necker. Ils sont aussi ceux de 7 000 soignants et associations de patients qui alertaient l'État le 22 octobre sur « une inaction politique irresponsable ».
L'épidémie de bronchiolite illustre – et révèle à certains – la crise qui secoue les services pédiatriques depuis de nombreuses années. Les équipes soignantes redoublent d'efforts pour assurer une prise en charge décente des enfants malades. Il n'empêche que, malgré tous ces efforts, ça craque. La pédiatrie craque, l'hôpital craque, les personnels craquent.
Pour cacher le mal qui est fait, par vos logiques, à notre santé publique, vous culpabilisez les parents en leur intimant de ne pas se rendre aux urgences pour une bronchiolite. Il faudrait privilégier le pédiatre ou le 15. Or, bien souvent, ni l'un ni l'autre ne sont disponibles.
Je sais que vous avez reçu, hier, le collectif de soignants. Ses membres disent avoir été écoutés. Cependant, sachant comment vous nous traitez lorsque vous prétendez nous écouter, ici à l'Assemblée, nous avons du mal à être rassurés.
Les 400 millions d'euros débloqués sont très loin d'être à la hauteur de la situation d'urgence vitale à laquelle est confronté notre hôpital public. À titre de comparaison, c'est le montant que vous avez débloqué pour la ristourne sur le prix à la pompe, prévue jusqu'au 15 novembre.
Je ferai donc mienne l'expression d'une médecin : « Vous écopez le Titanic avec une cuillère en plastique. » Le Titanic, c'est la santé publique que vous faites couler en asséchant les finances de la sécurité sociale , en poursuivant la baisse de son financement par les cotisations sociales ; c'est aussi votre 49.3 sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale, le PLFSS, ainsi que la baisse honteuse de l'Ondam, l'objectif national de dépenses d'assurance maladie, au moment même où des enfants sont transférés, faute de places et de personnels.
Enfin, vous annoncez au bout du compte que vous prendrez des engagements au printemps alors même que nous examinerons d'ici à quelques jours la seconde partie du budget. Alors, monsieur le ministre, sauvez les urgences pédiatriques pour sauver les enfants. C'est vital.