Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux, ministre de la justice. Désormais, je m'attends chaque semaine à une petite question sur le thème du laxisme de la justice, en dépit des chiffres que je vous ai communiqués et qui sont consignés dans le compte rendu des débats, notamment celui du 25 octobre. Mais vous ne voulez pas les voir, vous ne voulez pas les entendre : bien ! Reste que vous êtes paradoxaux, les uns et les autres, de ce côté-là : vous nous reprochez également la surpopulation carcérale, preuve s'il en est, monsieur le député, que la justice n'est pas laxiste.
Grâce aux moyens que nous sommes allés chercher avec toute la force de conviction dont nous sommes capables, nous sommes en train de créer plus de 15 000 places de prison – net. Ces crédits, vous n'avez jamais voulu les voter. Arrêtez donc de nous donner des leçons ! Quand il est question de donner à la justice, aux forces de sécurité intérieure, les moyens dont elles ont besoin, vous n'êtes jamais au rendez-vous ! Vous, c'est « y a qu'à, faut qu'on, faudrait », et rien d'autre ! Je vais vous dire : non seulement nous avons embauché 4 000 personnes supplémentaires, mais les mesures que nous allons proposer – et pour lesquelles, je n'en sais rien, vous voterez peut-être – prévoient le recrutement de 1 500 magistrats, d'autant de greffiers, de 10 000 personnes en tout.
Bien entendu, nous avons besoin de personnels pénitentiaires, et je veux leur rendre hommage : ils constituent la troisième force de sécurité du pays. J'ajouterai que ce que nous avons réalisé sur le plan social, notamment la fusion des grades, personne avant nous, monsieur le député, ne l'avait fait.