Stéphane Vojetta Mardi dernier, des inondations cataclysmiques ont dévasté la région de Valence, en Espagne. Une vague de boue, conséquence de pluies diluviennes, a semé le chaos et la mort, particulièrement dans les banlieues du sud de Valence, une ville de la taille de Marseille.
À l'heure qu'il est, 217 victimes ont été dénombrées, mais les disparus restent innombrables, hélas. Si aucune victime française n'est pour l'instant à déplorer, nombre de nos compatriotes résidant dans les zones affectées font partie des sinistrés.
En tant que député des Français établis dans la péninsule ibérique, mais avant tout en tant que Français qui vit en Espagne depuis vingt ans, je vous propose d'exprimer le soutien et l'affection de la représentation nationale et de la France tout entière, pour les victimes et les sinistrés, pour l'Espagne et pour son peuple meurtri mais admirable de solidarité.
La plus importante catastrophe naturelle que l'Europe a connue au XXIe siècle a eu lieu à 500 kilomètres au sud de Perpignan. Si loin et si proche, ce drame nous invite à réfléchir à nos systèmes de veille et d'alerte, qui doivent nous permettre d'anticiper ce type d'événements climatiques et leurs conséquences ; aux protocoles à appliquer en cas d'urgence et à la sensibilisation de la population aux situations à risque, notamment en cas de montée soudaine des eaux ; à la gestion de nos cours d'eau ; à notre politique d'aménagement, d'artificialisation des sols et de construction en zones inondables ; ainsi qu'à la résilience de nos infrastructures.
Monsieur le ministre de l'intérieur, alors que nombre d'Espagnols s'insurgent aujourd'hui contre la défaillance de leurs pouvoirs publics et les conséquences d'une décentralisation mal maîtrisée, du point de vue tant de l'anticipation du désastre que de la réponse qui lui est apportée, quel est le degré de préparation de la France à de tels phénomènes ? Votre gouvernement a offert, je le sais, le renfort de nos forces de sécurité civile et même si l'Espagne n'a pas encore saisi notre main tendue, comment la France et l'Europe peuvent-elles épauler notre pays voisin et frère, aujourd'hui dans l'assistance aux sinistrés et demain dans sa reconstruction ?