Nicole Belloubet,
Ministère de la justice •
18 déc. 2018Le Gouvernement est très mobilisé sur la question de la protection des enfants exposés aux violences au sein du couple et la mesure d'accompagnement protégé est inscrite au 5ème plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes (2017-2019), de même que la mesure visant à élargir l'expérimentation des espaces de rencontre protégés. L'Association départementale de sauvegarde de l'enfant, de l'adolescent et de l'adulte de Seine Saint Denis (ADSEA 93) en lien avec l'Observatoire départemental des violences faites aux femmes de Seine Saint Denis (émanation du conseil départemental), met en œuvre depuis 2012 la mesure d'accompagnement protégé des mineurs dont l'un des parents est auteur de violences intra-familiales et doit exercer son droit de visite dans le cadre d'une ordonnance de protection. La convention de partenariat pour l'expérimentation de la mesure d'accompagnement protégé des enfants a été signée en 2011 entre le président du conseil général de la Seine Saint-Denis, le président du tribunal de grande instance de Bobigny, le procureur de la République du tribunal de grande instance de Bobigny, le président de l'association ADSEA 93, la présidente de la Fondation pour l'Enfance, le président du centre du psychotrauma de l'Institut de victimologie de Paris et la caisse des allocations familiales du 93. A la demande des juges aux affaires familiales, la mesure d'accompagnement protégé a été étendue aux femmes victimes de violences ne bénéficiant pas de l'ordonnance de protection, mais pour lesquelles l'auteur de violences exerce des pressions au moment de l'exercice du droit de visite. Depuis 2012, 87 mesures d'accompagnement protégé ont été prononcées par les juges aux affaires familiales de Seine-Saint-Denis, pour l'accompagnement protégé de 145 enfants mineurs (81 filles et 64 garçons) âgés de 2 à 17 ans. Cette action devrait être prochainement étendue à Paris, l'association CERAF solidarité, ayant été retenue suite à un appel d'offre de la ville de Paris, pour la mettre en œuvre. Ce dispositif mis en oeuvre et développé en Ile de France et à Paris est bien connu du ministère de la justice. Sa généralisation à l'ensemble du territoire national - qui ne nécessite pas d'évolution des textes applicables- est actuellement à l'étude dans le cadre de la stratégie quinquennale relative aux violences faites aux femmes.