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🧭Gouvernement Barnier
Michel Barnier
, Premier ministre
Didier Migaud
, Ministère de la justice
Catherine Vautrin
, Ministère du partenariat avec les territoires et de la décentralisation

Anne Genetet
, Ministère de l’éducation nationale
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées et des anciens combattants
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques
Antoine Armand
, Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie
Geneviève Darrieussecq
, Ministère de la santé et de l’accès aux soins
Paul Christophe
, Ministère des solidarités, de l’autonomie et de l’égalité entre les femmes et les hommes
Valérie Létard
, Ministère du logement et de la rénovation urbaine
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt
Astrid Panosyan-Bouvet
, Ministère du travail et de l’emploi
Gil Avérous
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Patrick Hetzel
, Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche
Guillaume Kasbarian
, Ministère de la fonction publique, de la simplification et de la transformation de l’action publique
💬Motions de censure
Émilie Bonnivard
4 déc. 2024Gouvernement


Mme la présidente . Avant de donner la parole à Mme Émilie Bonnivard pour le groupe Droite républicaine, je veux rendre hommage avec vous à M. René Couanau, décédé le 30 novembre dernier. Il a été pendant plus de vingt ans membre de notre assemblée et pendant vingt-quatre ans maire de Saint-Malo. Au nom de la représentation nationale, j'exprime nos condoléances les plus sincères à sa famille et à ses proches. (Applaudissements.)

La parole est à Mme Émilie Bonnivard.

Mme Émilie Bonnivard . René Couanau a été un formidable maire de Saint-Malo.

Monsieur le premier ministre, notre pays se trouve au bord d'un abîme, au bord du gouffre d'une crise financière. Certains, sur ces bancs, s'apprêtent à l'y précipiter en sacrifiant l'intérêt supérieur des Français à leurs calculs politiciens. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et EPR.)

M. Jean-Luc Bourgeaux . Elle a raison !

M. Emeric Salmon . C'est vous qui nous y précipitez !

Mme Émilie Bonnivard . Monsieur le premier ministre, vous avez dit la vérité aux Français et vous avez parlé avec respect à tous les groupes politiques de cet hémicycle. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous avez accepté des compromis jusqu'au dernier moment sur ce budget dans l'intérêt de notre pays. Malheureusement, le RN et ses alliés de LFI ne veulent pas de compromis.

M. Thibault Bazin . C'est vrai !

Mme Émilie Bonnivard . À votre main tendue, ils préfèrent prendre le risque de nous plonger un peu plus dans la crise, alors que notre pays est déjà fragilisé.

M. Julien Odoul . C'est mauvais !

Mme Émilie Bonnivard . Comment, en conscience, peuvent-ils prendre ce risque ?

En effet, ce sont les Français qui en paieront le prix fort. Que se passera-t-il en cas de censure ? Plus de 18 millions de Français verront leurs impôts augmenter. (« Eh oui ! » et applaudissements prolongés sur les bancs du groupe DR.)

Mme Hanane Mansouri . Mensonge !

Mme Émilie Bonnivard . Finie, la hausse des budgets des armées, de la sécurité ou encore de la justice, alors que notre pays en a tant besoin.

M. Philippe Gosselin . Elle a raison !

Mme Émilie Bonnivard . Supprimé, le financement de 100 millions d'euros supplémentaires pour nos aînés dans les Ehpad. Annulées, toutes les mesures attendues depuis si longtemps par les agriculteurs. Adieu, la renégociation du Mercosur. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR et HOR.) Cela entraînera des conséquences financières, économiques et sociales dont personne ici ne peut mesurer la gravité. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Philippe Gosselin . Il faut dire la vérité aux Français, effectivement !

M. Loïc Prud'homme . Calmez-vous !

Mme Émilie Bonnivard . Merci, madame Le Pen ! Face à cette censure, la responsabilité qui nous incombe à tous est immense. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

M. Philippe Gosselin . Ils en porteront la responsabilité !

Mme Émilie Bonnivard . Nous sommes à un tournant. La question est simple et s'adresse à tous ici : qui préfère son profit électoral, le risque du chaos, à la stabilité et au redressement du pays ? (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe RN.)

M. Laurent Jacobelli . Vous avez voté Macron !

Mme Émilie Bonnivard . Avec la Droite républicaine et Laurent Wauquiez, notre choix est clair : nous choisirons toujours l'intérêt supérieur de l'État et des Français avant tout le reste. C'est à ce titre que nous vous soutenons, monsieur le premier ministre. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, EPR et HOR ainsi que sur quelques bancs du groupe Dem.)

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur . Vous avez parfaitement raison de parler de chaos et d'abîme. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe GDR.) En effet, demain, certains, d'une extrémité à l'autre de cet hémicycle, s'apprêtent à jouer le destin de la France et des Français à la roulette russe, ni plus ni moins. Il est sûr que, si une censure était votée, elle précipitera la France et les Français dans une situation intenable. (« Non ! » sur les bancs du groupe RN.) Bien entendu, ce sont les Françaises et les Français les plus modestes, les plus fragiles, qui seront d'abord touchés, comme nous l'avons vu pendant la crise en Grèce. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

M. Théo Bernhardt . C'est faux !

M. Bruno Retailleau, ministre . On nous avait dit qu'une telle situation ne pouvait pas se produire. Regardez pourtant ce qui s'est passé la semaine dernière : le taux d'intérêt de la Grèce pour emprunter sur les marchés financiers était moins élevé que celui de la France. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Mme Dieynaba Diop. Vous êtes aussi ministre des finances ?

M. Thibault Bazin . Il a raison !

M. Emeric Salmon . C'est vous qui en êtes responsables ! C'est la politique que vous menez !

M. Bruno Retailleau, ministre . Que s'est-il passé ? La semaine dernière, de grandes entreprises ont perdu 15 % et même plus de leur valeur. Quand elles perdent leur valeur, elles deviennent des proies pour des offres publiques d'achat hostiles. Cela menace notre souveraineté sur les plans de l'emploi et de l'économie.

M. Emeric Salmon . Dehors ! Allez faire vos cartons !

M. Bruno Retailleau, ministre . C'est le mariage de la carpe et du lapin.

Plusieurs députés du groupe RN . La carpe et le lapin, c'est vous !

M. Bruno Retailleau, ministre . Madame Le Pen, comment pouvez-vous accepter de mêler vos voix, celles de votre groupe, à cette extrême gauche qui, il y a quelques jours, déposait une proposition de loi pour abroger le délit d'apologie du terrorisme ? C'est lamentable. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)

M. Vincent Rolland. Mais quelle honte, quelle honte !

Plusieurs députés du groupe RN . C'est vous qui êtes lamentable !

M. Bruno Retailleau, ministre . C'est l'inverse de la politique.

M. Emeric Salmon . Ils vous ont fait élire !

M. Bruno Retailleau, ministre . La politique repose sur les convictions et non sur la tambouille politicienne. Vive la France ! Nous, nous combattrons jusqu'au bout pour les Français, avec le premier ministre Michel Barnier, qui a toujours montré beaucoup de respect et d'ouverture au compromis. (Les députés du groupe DR ainsi que quelques députés du groupe EPR se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR. – Plusieurs députés du groupe RN font au revoir de la main.)

Mme Clémence Guetté . C'est une honte !

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