Michel ZumkellerMonsieur le Premier ministre, à l'instant même où je souhaite vous interroger sur l'avenir de l'industrie française et européenne, la Commission européenne met son veto à l'alliance entre Alstom et Siemens Mobility. À l'instant même où nous nous efforçons de développer notre industrie et de permettre la création d'un leader européen du ferroviaire, la Commission européenne, au nom de je ne sais quelle concurrence, s'apprête à faire le jeu de la Chine.
Au sein du groupe UDI, Agir et indépendants, nous sommes foncièrement européens, mais nous ne voulons plus de cette Europe-là. Alors que le TGV est un de nos fleurons, nous finirons par rouler dans des TGV chinois. Il faut donc en finir avec la naïveté. Nos ouvriers, nos techniciens et nos ingénieurs sont volontaires et de très grande qualité. Ils demandent à pouvoir travailler à armes égales avec leurs concurrents étrangers.
Monsieur le Premier ministre, nous avons le sentiment que, parfois, en Europe, l'ennemi est à l'intérieur. Face aux géants chinois et américains, il est grand temps que notre continent s'affirme, qu'il soit puissant et conquérant.
L'avenir du territoire de Belfort, un des premiers territoires industriels de France, est mis entre parenthèses, pris entre le protectionnisme américain de M. Trump en faveur de General Electric et le dogmatisme ultralibéral de la Commission européenne vis-à-vis d'Alstom et de Siemens.
Monsieur le Premier ministre, les paroles ne suffisent plus, il faut des actes. Que comptez-vous faire pour que l'Europe devienne le bras armé de notre puissance ? Nous avons besoin, dans l'industrie comme ailleurs, de leaders européens.