Pierre-Yves BournazelHier matin, les habitants du boulevard de La Chapelle à Paris se sont réveillés avec, sur la façade d'un immeuble, cette inscription horrifiante : « Truie juive ». Ce même lundi, deux portraits de Simone Veil peints sur des boîtes aux lettres de la mairie du XIIIe arrondissement étaient barrés de l'ignominie de la croix gammée. Le beau visage de Simone Veil ferait d'ailleurs une Marianne si symbolique, comme l'a proposé notre collègue sénatrice Agir, Fabienne Keller. Durant le week-end, la vitrine d'un commerce était souillée d'un tag immonde rappelant les heures les plus sombres de notre histoire : « Juden ». Hier soir encore, on apprenait la profanation des arbres plantés à la mémoire d'Ilan Halimi à Sainte-Geneviève des Bois.
Ces actes antisémites réveillent avec effroi un sentiment d'indignation totale. Jamais notre pays n'acceptera une banalisation de l'antisémitisme. Il ne s'agit pas de faits divers sordides, mais d'un mal beaucoup plus profond, beaucoup plus dangereux. C'est un fléau qui fissure notre société, qui porte atteinte à nos valeurs fondamentales et à notre mémoire commune.
La haine de l'autre se diffuse, le phénomène gagne de l'ampleur à mesure que la parole se libère. La haine de l'autre – celui qui m'est étranger – se propage partout dans la société : des églises honteusement profanées, une islamophobie décomplexée, une homophobie de plus en plus visible. Un climat nauséabond s'installe dans notre pays. Des personnes sont attaquées en raison de ce qu'elles sont.
Durant ces derniers jours, les tentatives d'intimidation d'élus de la République ne semblent plus avoir de limite, on s'attaque au président de l'Assemblée nationale, à des parlementaires, au Parlement à coups de projectiles, on incendie un véhicule de la force Sentinelle. Ces actes de violence de la part d'extrémistes n'ont pas leur place dans notre démocratie.
Quelles mesures comptez-vous prendre pour mettre fin à cette escalade dangereuse de la haine et de la violence ?