Valérie BoyerMonsieur le Premier ministre, après avoir vanté une « souveraineté européenne », le Président de la République a publié une tribune où il appelle à une renaissance de l'Europe. Or cette renaissance se révèle être une obsolescence : toujours plus d'élargissements, de bureaucratie, de dystopie fédéraliste, d'immigration ; toujours plus de ce qui ne marche pas, d'où davantage de fractures avec nos partenaires européens.
Alors qu'il sature tous les médias avec un grand débat, commencé dans la panique suscitée par les gilets jaunes et dont la conclusion est aujourd'hui dans le brouillard, le Président de la République s'est aussi mis à dos nos partenaires européens. En s'autoproclamant leader de l'Europe, en s'adressant directement aux citoyens européens par-dessus les chefs d'État, en leur faisant la leçon, Emmanuel Macron isole la France, alors qu'il incarne une compétitivité en berne, le pire déficit de la zone euro, une crise sociale sans précédent.
Les pays de l'Est, les pays nordiques et l'Italie prennent leurs distances. L'Allemagne elle-même vient de nous adresser une réponse cinglante. À l'image d'une France en pleine crise sociale, en panne, Emmanuel Macron a également mis la France en marge de l'Europe. Il n'a été suivi par aucun pays sur ses propositions, qu'il s'agisse de la réforme de la zone euro, de l'immigration ou de la taxation des GAFA.