François Cormier-BouligeonMonsieur le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, ma question est surtout un cri de colère, un cri d'indignation et un cri d'horreur ! À 5 000 kilomètres d'ici, une femme vient d'être condamnée à trente-huit années de prison à l'issue d'un procès inique ! Trente-huit années de prison et cent quarante-huit coups de fouet, pas un de moins ! Cette femme a pour nom Nasrin Sotoudeh, Iranienne, avocate et lauréate du prix Sakharov en 2012.
Quel crime a mérité ce châtiment ? Je vais vous le dire ! C'est le courage et c'est l'humanité ! Nasrin Sotoudeh défend les droits de l'Homme ! Nasrin Sotoudeh défend les droits des femmes ! Nasrin Sotoudeh défend les femmes iraniennes qui ont le courage de se montrer en public sans foulard, malgré l'obligation du port du voile qui leur est imposée.
Nasrin Sotoudeh, la mobilisation de notre gouvernement et de l'Union européenne en votre faveur ne fait aucun doute. Madame, si nous avons voulu faire résonner votre nom ici, sur les bancs de l'Assemblée nationale française, c'est parce que vos combats sont les nôtres ! Il y a deux cent trente ans, le 26 août 1789, cette même assemblée adoptait la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, qui proclame comme droits naturels et imprescriptibles l'égalité entre les hommes et la liberté. La liberté, oui ! Ces droits, nous les avons pensés comme universels, valables pour les femmes et pour les hommes, qu'ils soient nés ou qu'ils vivent en France ou en Iran !
Vous défendez la liberté absolue de conscience, comme nous le faisons nous-mêmes. Vous, Nasrin, et nous toutes et tous ici, sommes sœurs et frères dans ce combat. Nasrin Sotoudeh, you fight for the values which are our values…