Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances. La France ne produit pas assez, la France n'innove pas assez et la France s'est appauvrie depuis vingt-cinq ans. Il y a vingt-cinq ans, nous avions quasiment le même niveau de richesse par habitant que nos voisins allemands. Il est aujourd'hui inférieur de 25 %. Nous avons commencé à inverser la tendance, nous recréons des emplois industriels, nous faisons baisser le chômage, la croissance revient.
Cela, toutefois, ne suffit pas. Tout l'objectif du pacte productif est de produire plus et mieux et de parvenir en France au plein emploi d'ici à 2025 : c'est à notre portée et nous y arriverons.
La méthode est simple : c'est celle de la loi PACTE – plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises : associer les parlementaires, les représentants syndicaux, les organisations professionnelles, les organisations syndicales et les membres du Gouvernement qui sont concernés, pour conduire un travail collectif. Cinq secteurs seront retenus, notamment l'énergie, l'industrie et l'agroalimentaire autour du ministre de l'agriculture et de l'alimentation, qui a participé ce matin à nos travaux.
S'agissant du calendrier, les premières propositions seront remises au Premier ministre à la fin du mois de juin, pour des décisions qui seront prises, par le Président de la République et le Premier ministre, au mois de novembre de cette année, en vue de relancer la capacité de production de notre pays, en particulier grâce à l'innovation, qui est la clé décisive de ce pacte productif.
Je tiens à faire, à ce sujet, une remarque sur les conclusions de la Cour des comptes relatives au fonds pour l'innovation de rupture. Je ne partage absolument pas les critiques et les analyses du président de la Cour des comptes sur ce fonds et je lui écrirai pour le lui dire. Oui, il faut retirer du budget les fonds consacrés à l'innovation pour rupture afin de les sanctuariser : ils seront, sinon, systématiquement réduits année après année. Oui, nous assumons la présence de scientifiques : le dispositif sera peut-être plus complexe et les décisions plus longues à prendre, mais cette présence permettra de faire les bons choix. Oui, nous n'engagerons les fonds qu'une fois les choix effectués, parce que cette démarche est plus crédible et plus juste.
La majorité adopte de nouvelles méthodes : c'est ce qui nous fera réussir.