Gilles Le GendreMonsieur le Premier ministre, depuis vingt ans, l'Europe est privée d'ambition, de vision, d'incarnation. À l'origine, le rêve européen s'imposait comme une évidence : préserver la paix, si chèrement acquise. Aujourd'hui, les Européens ont imposé leur rêve comme une nécessité : sauver la planète, si gravement menacée.
Ce n'est pas le rêve de tous. Forts de leur poussée dans les urnes, les partis national-populistes vont continuer ce qu'ils ont toujours fait : tenter de bloquer l'Europe en espérant la détruire. Ils se vantent d'avoir pris la lumière ; ils ne seront jamais que la part d'ombre de notre continent.
La lumière, encore fragile, est désormais portée par tous ceux qui ont proposé à nos concitoyens de partager une ambition écologique - partis dont c'est l'objet exclusif ou candidats qui en ont fait un axe central de leur programme, à l'image de la liste Renaissance conduite par Nathalie Loiseau, à qui j'adresse, au nom de notre groupe La République en marche, un salut amical.
En réalité, le rêve écologique n'est pas un rêve. Il n'est pas, non plus, un hasard. Pour lutter contre le dérèglement climatique, protéger la biodiversité, investir dans les nouvelles filières, accompagner la transition pour les plus fragiles, piloter la sortie des pesticides ou la fin des plastiques, il n'y a qu'une échelle pertinente : l'Europe !
Mais l'Europe, actuellement, avance trop lentement. Nous avons confiance en nos représentants à Strasbourg pour qu'ils soient des militants ardents de la cause écologique. Mais il y a urgence. Depuis deux ans, la France a beaucoup fait. Le groupe La République en marche considère qu'il faut aller plus vite, viser plus haut, réformer plus profond.
Monsieur le Premier ministre, quelles assurances pouvez-vous nous donner que la France sera en première ligne pour promouvoir le nouveau rêve européen ?