Joaquim PueyoMonsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, depuis plusieurs semaines, nous assistons à une escalade des tensions dans la zone du détroit d'Ormuz. En mai, quatre navires saoudiens ont été endommagés près des côtes émiraties. En juin, deux pétroliers norvégiens étaient pris pour cible. Vendredi, une étape supplémentaire a été franchie. L'Iran a intercepté militairement un navire britannique et le retient dans le port de Bandar Abbas, en contradiction avec le droit international. Ces faits interviennent deux semaines après l'arraisonnement d'un navire transportant du pétrole iranien par la marine britannique, au large de Gibraltar.
Le golfe Persique est stratégique. Il est au cœur d'une lutte d'influence entre l'Arabie saoudite et l'Iran, notamment depuis la sortie unilatérale des États-Unis du plan d'action conjoint sur le nucléaire iranien.
Si le risque d'un conflit ouvert ne doit pas être écarté, il semble qu'aucune partie n'y ait intérêt. Nous devons cependant envisager – l'histoire a prouvé que c'était possible – qu'un incident puisse dégénérer en crise globale.
Les Britanniques en appellent à l'Europe et à leurs alliés pour trouver une issue à cette crise qui pourrait avoir des conséquences majeures pour la stabilité mondiale. Ils souhaitent notamment qu'une mission européenne de protection soit mise en place dans le Golfe, sur le modèle de celle déployée au large de la Somalie en 2008 contre la piraterie. Bien que tout doive être fait pour apaiser les tensions, quelle réponse la France compte-t-elle apporter à cette demande britannique ?
Par ailleurs, nous avons appris hier la mort de M. Yukiya Amano, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique – AIEA. Je souhaite, au nom des députés, saluer sa mémoire et son action décisive pour lutter de façon impartiale et indépendante contre la prolifération nucléaire et faire respecter l'accord avec l'Iran. Quelles actions le gouvernement français envisage-t-il de mener pour s'assurer que cette instance internationale – dont le rôle d'expertise, de contrôle mais aussi d'analyse est crucial – demeure indépendante ?