Loïc Prud'hommeMonsieur le Premier ministre, j'étais hier au Salon de l'agriculture, alors que résonnaient encore dans les allées les renoncements du Président de la République. De son propre aveu, il ne consacrera pas un centime de plus aux agriculteurs déjà retraités. Pire encore, la retraite agricole à 1 000 euros que vous avez promise pour 2022 demanderait aux chefs d'exploitation d'avoir cotisé chaque mois l'équivalent de 50 heures au SMIC pendant 516 mois, sans interruption. Autant dire qu'il s'agit d'une chimère, d'un enfumage de plus. Voilà pour le présent ; l'avenir n'est pas plus rassurant.
Le président Macron mise sur les discussions concernant le budget européen de la PAC pour faire mine de s'intéresser à l'avenir et aux revenus de la profession. La PAC n'est pas qu'un tiroir-caisse, c'est avant tout une politique, mais quelle politique ? C'est la question que se posent les agriculteurs. Relocaliser les productions, produire sainement, garantir des prix planchers et un revenu paysan, sortir des pesticides, créer de l'emploi ? Il est urgent d'opérer une refonte de notre modèle agricole pour qu'il réponde aux urgences climatiques et environnementales, pour qu'il permette à nos producteurs de vivre décemment, pour les affranchir de leur dépendance aux firmes agrochimiques.
Vos numéros de communication, comme celui que vous avez orchestré autour d'un agribashing fantasmé,…