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🧭Gouvernement Philippe 2
















le président

La parole est à Mme Agnès Thill.
Agnès Thill

Monsieur le Premier ministre, le 3 mai, avant-hier, était la journée mondiale de la liberté de la presse et il est bon de rappeler que la presse est libre à l'égard du pouvoir. La presse n'est pas seulement un véhicule d'information ou d'opinion : c'est un pouvoir. Qui apprécie le pouvoir qui s'oppose au sien ? C'est une question de rapport de forces, disait Françoise Giroud en 1981.

Vous avez créé le site gouvernemental qui, à défaut de la censurer, nous trie l'information. Je rappelle à ce propos que Mme la secrétaire d'État porte-parole du Gouvernement avait dit : « J'assume de mentir », ce qui a le mérite d'être clair.

Pour ce qui concerne l'exactitude et la vérité, exit les infox et les fake-news : seuls Le Monde, Libération, FranceTVInfo et 20 minutes ont les faveurs du Gouvernement. Les autres apprécieront. Avouez que ce gouvernement a l'art d'opposer, alors qu'il prône exactement le contraire. Les articles cités sur votre site, qui nous dit la bonne, juste et vraie parole, évitent les sujets qui fâchent, et ceux qui ont pris la défense du Gouvernement semblent y être abondamment relayés.
Sébastien Jumel

Il faut lire les bons journaux !
Agnès Thill

Lorsque j'étais enfant, les anciens appelaient ceux qui habitaient derrière le mur de Berlin les « Rouges » – expression incompréhensible pour un enfant. Ils disaient que, derrière ce mur, il y avait des paroles qui n'allaient que dans un sens, et que ce n'était pas honnête.

Monsieur le Premier ministre, votre gouvernement prétend-il détenir la vérité et l'exposer par le biais de son site d'information ?
le président

La parole est à M. le ministre chargé des relations avec le Parlement.
Marc Fesneau,
ministre chargé des relations avec le Parlement.
Madame la députée, je vais m'efforcer de répondre à vos questions sous deux angles. Le premier est celui de la liberté de la presse. Il s'agit d'un droit constitutionnel que nous respectons et auquel nous sommes tous ici attachés. Cela nécessite, du reste, que nous soyons tous capables d'avoir des contradictions et des controverses. Cela fait partie de la liberté politique et démocratique et je suis certain que vous y êtes, vous aussi, tout à fait attachée.

Une autre question, qui ne relève pas de la liberté de la presse, est le fait que les réseaux sociaux sont souvent de puissants outils pour faire circuler des informations : en quelques minutes, elles deviendraient vérités parce qu'elles suscitent 10 000, 100 000 ou un million de likes ou de retweets ! Il faut y faire attention car, dans un moment où, face à l'ensemble des autorités scientifiques politiques ou juridiques, il y a toujours quelqu'un pour venir chercher du complot ou du complotisme, ces outils formidables peuvent également révéler leur côté sombre. Vous avez raison de le rappeler, cela fait aussi partie de la diversité de la presse, et c'est la raison pour laquelle j'y suis attaché.
Sébastien Jumel

Lisez L'Humanité !
Marc Fesneau,
ministre .
Monsieur Jumel, je suis également attaché à L'Humanité, ainsi qu'à toute la diversité de la presse : reconnaissons que s'il n'y avait que L'Humanité, on s'ennuierait !
Sébastien Jumel

Mais si L'Humanité n'existait pas, il faudrait l'inventer !
Marc Fesneau,
ministre .
Il faut un peu de tout dans la diversité des opinions.

Madame la députée, distinguons les choses : le Gouvernement est attaché à la liberté la presse. Reconnaissons que la presse n'est pas avare de compliments, mais ne l'est pas non plus de critiques. C'est très bien ainsi, car c'est cela, la démocratie.

Soyons toutefois vigilants face à des outils qui parfois n'informent pas mais désinforment, et posent de graves questions dans une démocratie, pour le gouvernement comme pour l'ensemble des responsables politiques que nous sommes.
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