Pierre-Alain RaphanDans la même semaine, l'humanité a été capable d'envoyer des hommes défier la gravité dans l'espace pendant que d'autres, moins chanceux, subissaient une autre forme de gravité, beaucoup plus sombre et beaucoup plus dévastatrice : celle du racisme. Qu'il soit visible ou invisible, le racisme tue. Mais il n'est pas le seul : l'antisémitisme, l'homophobie, l'indifférence tuent encore et encore.
Comment accepter, au XXIe siècle, que des femmes et des hommes puissent mourir sous les coups de créatures humaines habitées par la haine ? Je ne peux pas croire qu'un homme naisse raciste. Mais, malheureusement, l'histoire nous démontre qu'il peut le devenir.
Le racisme, cela s'attaque à la racine. Il naît et se fraye un chemin là où les conditions ne sont pas réunies pour apprendre à connaître l'autre, là où l'égalité des chances, l'égalité d'accès au logement, au travail, aux responsabilités et à la dignité ne sont que des concepts. Ne baissons jamais la garde et battons-nous pour que chaque instance de décision de ce pays ressemble à une France miniature, afin que l'organisation des richesses humaines soit guidée par le métissage des idées, des parcours et des cultures.
Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous nous rappeler ce que le Gouvernement met en œuvre pour lutter contre le racisme et pour respecter l'objectif de développement durable no 16, qui vise à promouvoir l'avènement de sociétés pacifiques et ouvertes ? Car là où les dealers d'émotions cultivent la haine, la France, elle, se doit de cultiver l'excellence – cette excellence qui n'a pas de couleur, pas de genre, pas de critères physiques, de classe sociale, ni de préférence sexuelle ou religieuse.