Nicolas Bonnet Cette énième manifestation de la sixième extinction de masse – la première dont nous soyons collectivement responsables – constitue une alerte. Même le hérisson, allié de nos jardins, se trouve menacé par l'étalement urbain, nos modes de déplacement et certaines pratiques agricoles. Les principales causes de ce drame silencieux sont connues et reconnues : déforestation, artificialisation des sols, surexploitation des ressources naturelles, changement climatique ou encore accumulation de polluants. Ces causes, il nous faut les rappeler sans cesse dans cet hémicycle tant les actions des gouvernements successifs nous inquiètent : que penser de la disparition du secrétariat d'État chargé de la biodiversité, du coup de rabot de 1,5 milliard d'euros porté au fonds Vert et de la remise en cause de l'objectif zéro artificialisation nette ? Mais rassurons-nous, le loto de la biodiversité est sain et sauf.
Le Premier ministre a annoncé, dans sa déclaration de politique générale, vouloir « faire évoluer de manière pragmatique et différenciée la réglementation zéro artificialisation nette ». Pourriez-vous indiquer comment une marche arrière sur le ZAN permettra de lutter contre l'érosion de la biodiversité et en quoi consistera votre pragmatisme ?
Ma seconde question porte sur le plan national de restauration de la nature, annoncé à la suite de l'adoption du règlement européen éponyme. Quelles seront vos priorités pour accélérer la restauration des écosystèmes ? À l'heure où la COP16 tire la sonnette d'alarme quant à l'effondrement de la biodiversité, prenons conscience qu'elle ne peut se résumer à une dette écologique remboursable.