Michel Barnier, Premier ministre . Merci beaucoup de commencer cette séance de questions au Gouvernement en évoquant ce très triste anniversaire. Un an et une journée après cette tragédie du 7 octobre 2023, nous n'oublions pas. La douleur ne passe pas. Nous pensons aux près de 1 200 morts, à leurs familles et aux victimes innombrables d'un attentat planifié et perpétré par le Hamas qui a provoqué l'embrasement. Nous pensons aux otages, parmi lesquels deux de nos compatriotes. Je salue avec émotion les familles d'Ohad Yahalomi et d'Ofer Kalderon, que j'ai rencontrées hier.
Je l'assure à l'ancien ambassadeur d'Israël à Paris qui vous accompagne, je n'ai pas oublié ce que vous m'avez dit : « Il nous faut nous méfier du Hamas mais il faut également se méfier de l'oubli. » Comme je l'ai indiqué hier soir, je répète que nous n'oublions pas et que nous n'oublierons pas.
Nous pensons aussi à toutes les victimes civiles, très nombreuses à Gaza, en Cisjordanie et des deux côtés de la frontière du Liban. La France réaffirme son engagement indéfectible pour la sécurité d'Israël. Je l'ai déjà dit ici, je le répète aujourd'hui : la sécurité d'Israël n'est pas négociable.
Depuis le début de cette guerre provoquée par l'attaque du Hamas, trop d'hommes, de femmes, de personnes âgées et d'enfants sont morts. Il faut d'abord que tous les otages soient libérés. Il faut que la guerre cesse. Il faut que les déplacés puissent retrouver leurs foyers et que l'aide humanitaire puisse entrer à Gaza et se déployer au Liban.
Comme l'a rappelé le Président de la République, comme le ministre des affaires étrangères, qui vient de passer plusieurs jours dans la région, le dira tout à l'heure, comme je l'ai indiqué, la France participera à tout ce qui peut être fait pour éviter l'embrasement. Avec l'Union européenne, les États-Unis et les pays de la région, elle participera à toute initiative permettant d'avancer vers une paix durable. Ainsi que vous l'avez dit, monsieur Fesneau, la clé pour y parvenir est l'existence de deux États, un État palestinien et un État israélien vivant en paix et en sécurité côte à côte et se reconnaissant l'un l'autre. Voilà l'objectif que nous continuerons de rechercher.
Vous l'avez également relevé, ce conflit est très ancien. Il est même un des plus anciens que nous connaissons. Lorsque j'ai eu l'honneur, pendant un temps trop court, d'être ministre des affaires étrangères, je me suis engagé pour tenter de refaire du règlement de ce conflit une priorité pour les États-Unis et pour l'Europe, alors que ce n'était plus le cas.
Ce conflit a de graves résonances dans notre société. Il provoque des émotions et des solidarités légitimes, d'un côté comme de l'autre. Pour autant, les principes fondamentaux de notre république – la laïcité et le refus de toute forme de racisme ou d'antisémitisme – doivent être rappelés et défendus. Voilà pourquoi il est et il restera inacceptable pour nous, pour le Gouvernement tout entier comme pour vous, que beaucoup de nos compatriotes de confession juive soient menacés, que des synagogues soient incendiées, comme cela s'est produit cet été dans le sud de la France.
La semaine dernière, à la tribune, j'ai indiqué quelles étaient mes lignes rouges. Il n'y aura aucune forme de tolérance à l'égard du racisme ou de l'antisémitisme, qu'ils se manifestent par des agressions ou des menaces ou – comme c'est plus quotidiennement le cas même si on a tendance à l'oublier – à l'école, dans la rue ou sur les réseaux sociaux.