Joël Bruneau Monsieur le Premier ministre, votre déclaration de politique générale appelait à bâtir un nouveau contrat de responsabilité entre les collectivités locales et l'État. Vous vous engagiez à effectuer des choix avec celles-ci, et non pas contre ou sans elles.
Je regrette que les options retenues dans le projet de loi de finances n'aillent pas vraiment dans ce sens ; ni dans la méthode ni sur le fond. Tout ce qui est annoncé, en diminuant fortement l'autofinancement des collectivités, les contraindra à recourir davantage à l'emprunt pour financer des projets déjà lancés. Dans les faits, on ajoutera de la dette locale à la dette nationale.
Cela étant, je crois possible et plus que jamais nécessaire de revenir à l'esprit de vos engagements du 1er octobre. Il faut que vous meniez un dialogue constructif avec les représentants des collectivités locales, en vue d'une nouvelle étape de décentralisation. Non pas pour faire plaisir aux élus locaux, ni parce qu'ils seraient systématiquement meilleurs que les autres, mais tout simplement parce que la France en a besoin.
La France a besoin que soit confortée l'action locale qui constitue aujourd'hui l'un des derniers ciments de notre nation. La France a besoin, face au défi démocratique, que les citoyens soient davantage associés aux décisions prises. La France a besoin d'être administrée plus simplement, sans doublon entre les différents échelons, et avec une économie de moyens à laquelle est obligée toute collectivité, puisqu'elle peut seulement s'endetter pour investir et non pour assurer ses fins de mois.
Face aux défis auxquels notre pays fait face, en particulier l'excès de dépense publique, lequel alimente une dette insoutenable, les collectivités locales ne sont pas un problème, elles peuvent faire partie de la solution.
Je sais, monsieur le Premier ministre, que vous partagez bon nombre de ces convictions, ayant vous-même été élu local.
Êtes-vous alors prêt à engager ce dialogue fondé sur la confiance réciproque et le principe de subsidiarité, pour que l'État et les collectivités forment enfin une équipe de France ?