Jean Moulliere Les feux de la colère embrasent nos campagnes. Parmi les revendications de nos agriculteurs, il y en a une qui est essentielle : « Pas d'interdiction sans solution ! » C'est ce que nous défendons, mes collègues du groupe Horizons & indépendants et moi-même, pour nos agriculteurs.
Malheureusement, nos producteurs de chicorée et d'endives, que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans le Nord, sont en grande difficulté. Depuis l'interdiction en mai 2024, au niveau européen, de la benfluraline, qui permettait de lutter efficacement contre les chénopodes, ils se trouvent dans une incertitude totale, vivant avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
En effet, sans ce produit, le coût de la main-d'œuvre est amené à exploser. Nous connaissons les problèmes de recrutement que connaît le secteur agricole, les problèmes de rendement liés aux conditions climatiques et aussi les fluctuations du coût de l'énergie, qui ont fortement affecté la filière de l'endive. Nous savons tout cela, et nous savons qu'un agriculteur a besoin de voir loin pour faire bien. Alors donnons-leur de l'air et un avenir !
Dans ma circonscription, nous travaillons à relancer la production de chicorée au niveau local, en nous appuyant sur l'usine Leroux, principale entreprise du secteur, implantée à Orchies. C'est un produit sain et une excellente solution de rechange au café, dont l'empreinte carbone est bien supérieure. Si demain, les producteurs choisissent de semer une plante plus rentable et offrant davantage de certitudes, c'est toute une filière d'excellence qui sera mise en péril. Pour ma part, je ne souhaite pas qu'à l'avenir, ma salade d'endives vienne d'Amérique du Sud et ma chicorée d'Inde.