Benoît Biteau Au-delà de l'importation de centaines de milliers de tonnes de viande bovine, de volaille, de miel ou de sucre ne respectant pas nos standards de production, faire entrer ces produits en Europe, c'est assumer l'amplification d'une crise sociale et économique pour les producteurs européens ; c'est cautionner le prolongement d'un désastre pour la santé des producteurs du Mercosur et celle des mangeurs de toute la planète, du fait de l'utilisation de pesticides.
Faire entrer ces produits en Europe, obtenus au prix de la déforestation du poumon de la planète et à grand renfort de pesticides réputés dangereux, c'est encourager un système agricole mortifère et renoncer à l'espoir de souveraineté alimentaire en assumant l'importation du dérèglement climatique et de l'effondrement de la biodiversité, principales menaces pour cette souveraineté.
Faire entrer ces produits en Europe, c'est valider la stratégie de spécialisation de zones de la planète, qui a pourtant montré toutes ses limites lors de la crise du covid-19, lors d'accidents climatiques majeurs ou encore lors d'épisodes d'instabilité géopolitique, comme l'actuelle guerre en Ukraine, alors que nous devons au contraire diversifier nos productions afin de sortir des dépendances alimentaires, lesquelles, de surcroît, mettent en concurrence les paysans du monde entier.
N'est-il pas temps que la France agisse, qu'elle saisisse l'occasion de cette crise pour reprendre le leadership sur la question agricole, afin de refonder les politiques européennes et de permettre une rémunération digne des paysans, tout en visant l'objectif de restaurer notre souveraineté alimentaire ?