Vincent Jeanbrun Monsieur le premier ministre, en janvier prochain, nous commémorerons les dix ans du drame de l'Hyper Cacher, durant lequel Philippe Braham, habitant de ma commune de L'Haÿ-les-Roses, a été lâchement assassiné. Le 12 janvier 2015, alors tout jeune maire, je me suis rendu à l'institut médico-légal de Paris pour y soutenir sa famille. J'ai tenu sa veuve dans mes bras sans pouvoir prononcer des mots capables de l'apaiser. Je n'oublierai jamais cette douleur.
Mes chers collègues, ce n'est pas le terrorisme qui tue, ce sont les terroristes : des hommes et des femmes bien réels, élevés dans l'apologie de l'horreur, dans l'apologie d'une hiérarchie des êtres et des religions, dans l'apologie de la haine de notre république universaliste et fraternelle.
Alors, en voyant la proposition de loi du groupe LFI demandant l'abolition du délit d'apologie du terrorisme, je n'ai d'abord pas voulu y croire. Pas en France ! Pas après tant de morts ! Pas après tout ce que nous avons vécu ! Hélas, si : après leurs provocations, après leurs indignités, voilà leur infamie. Les masques tombent : ceux qui sont complaisants avec le terrorisme revendiquent désormais de pouvoir l'être en toute impunité.