Béatrice Bellay Monsieur le ministre des outre-mer, dans nos pays des océans règnent pauvreté, chômage de masse, empoisonnement environnemental, importations alimentaires par tonnes incommensurables, non-recours au droit, difficultés d'accès aux soins – et j'en passe. Quelle vie nous menons ! Vous le voyez, elle n'a rien à voir avec les bienfaits de la colonisation vantés par votre collègue ministre de l'intérieur.
Comme l'a précisé mon collègue Jiovanny William, les citoyens ont décidé de se mobiliser afin d'obtenir de la grande distribution une baisse immédiate des prix alimentaires, car ils sont las de payer un pack de bouteilles d'eau plus de 10 euros, las de devoir se priver d'une alimentation saine et équilibrée, las de subir cette captivité commerciale et institutionnelle.
Si depuis le mois d'août les mobilisations ont été plutôt pacifiques, certaines nuits ont été émaillées de détériorations graves de l'espace public, de pillages de magasins – notamment dans le quartier Sainte-Thérèse de Fort-de-France, qui paie le plus lourd tribut à cette colère populaire.
Des négociations ont été entamées, mais votre représentant à la table, le préfet, n'a rien pu dire. Rien, si ce n'est qu'il chercherait des réponses auprès de vous, monsieur le ministre. Peu de temps après, nous avons vu arriver des centaines de gendarmes ainsi que la compagnie républicaine de sécurité n° 8 – la CRS 8, connue pour sa réputation délétère. Est-ce là votre seule réponse à la colère sociale, sourde et bruyante de la Martinique ?
Pire, face à la dégradation de toutes les sécurités, vous avez fait le choix de présenter un budget d'austérité, qui prévoit, d'après ce que nous en avons lu, la réduction de 275 millions d'euros dans la mission Outre-mer du projet de loi de finances.