Nadège Abomangoli Depuis jeudi dernier, en effet, plusieurs bases ont été attaquées et cinq casques bleus ont été blessés par des tirs délibérés de l'armée israélienne. L'ONU a refusé le chantage de Netanyahou. Les casques bleus ne bougeront pas. Nous saluons cette décision, et rendons hommage aux forces onusiennes – qui comptent 700 soldats français –, en première ligne pour assurer le maintien de la paix.
Votre ministère a affirmé, jeudi, que le Liban ne pourrait être un nouveau Gaza. Vous conviendrez donc que la dévastation de Gaza est révoltante. Hôpitaux, camps de réfugiés, écoles : à Gaza et jusqu'au Nord du Liban, nul n'est à l'abri. Les scènes d'horreur de personnes brûlées vives dans la cour de l'hôpital Al-Aqsa glacent le sang. Voilà où conduit la rhétorique de la guerre des civilisations : à la déshumanisation totale de l'autre. Non, il ne s'agit pas d'une guerre contre le Hezbollah et le Hamas. Netanyahou déploie une guerre suprémaciste contre les peuples palestiniens et libanais.
De quelles atrocités supplémentaires devons nous être les témoins pour espérer un réveil des consciences et un sursaut moral des puissances occidentales alliées à Israël ? Son ambassadeur a été convoqué vendredi, mais pour quelles suites ? Vos timides initiatives sont bien vaines face au génocide en cours. En Europe, l'Espagne ouvre la voie, tandis que la France est à la traîne. Quand allez-vous proposer une résolution pour sanctionner Israël, faire cesser les ventes d'armes, soutenir le Liban et reconnaître l'État palestinien ? Dans l'histoire des mouvements de libération des peuples, ce n'est pas la victoire militaire qui fait la différence, mais, bien souvent, la défaite morale de l'oppresseur.