Fatiha Keloua Hachi Ces derniers jours sont bien sombres pour notre école. Nos pensées vont vers Samuel Paty et Dominique Bernard, tués par des terroristes islamistes parce qu'ils étaient enseignants. Nous leur rendons hommage.
Madame la ministre de l'éducation nationale, je prends la parole pour vous parler de notre école, celle pour laquelle la communauté éducative se bat au quotidien, celle qui émancipe, qui façonne l'esprit critique, qui apprend le vivre-ensemble et la tolérance, en somme, celle qui accompagne tous les élèves pour faire société. Je ne voudrais pas vous donner l'impression de vous apprendre mon métier, mais permettez-moi de vous dire que c'est pour cette école que l'on devient enseignant, pour cette école que je le suis moi-même devenue il y a trente ans.
Et c'est forte de mon vécu d'enseignante que je vous le dis : l'école est fatiguée, fatiguée des réformes pédagogiques successives, des changements de programmes sans cohérence et des chocs dans tous les sens, fatiguée de devoir toujours faire plus avec moins. Elle est fatiguée des coupes budgétaires, des baisses et des suppressions, dont la dernière en date est celle de plus de 4 000 postes d'enseignants dans votre projet de loi de finances pour 2025.