Emmanuel Grégoire « J'ai faim », « je dors dans ma voiture », « je suis épuisé », « je suis seul » : voilà les mots de notre jeunesse. Le rapport de l'association Cop1, publié la semaine dernière, est sans appel : un étudiant sur deux affirme avoir déjà sauté un repas par manque d'argent ; 68,5 % vivent sous le seuil de pauvreté ; une étudiante sur quatre n'a pas les moyens de s'acheter des protections périodiques. L'explosion du nombre de distributions alimentaires à destination des étudiants met en lumière l'inaction du Gouvernement, qui oblige les associations de lutte contre la précarité à se substituer à l'État.
Monsieur le Premier ministre, quel projet avez-vous pour notre jeunesse ? Est-ce le projet d'une privatisation accélérée, non contrôlée et onéreuse de l'enseignement supérieur ? Est-ce celui d'un ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche au rabais, dont le budget a déjà baissé de près d'1 milliard d'euros par décret en février dernier et pour lequel le PLF ne prévoit rien ? Est-ce un projet qui laisserait nos universités avec plus de 500 millions d'euros non compensés en 2025, les obligeant à effectuer des coupes drastiques, à fermer des sites et à arrêter les investissements ? Est-ce un projet qui prévoit de laisser loger nos étudiants dans des résidences Crous insalubres, comme celle de Saint-Denis qui a récemment défrayé la chronique ? Est-ce un projet qui va, une nouvelle fois, augmenter les frais d'inscription à la fac ? Vous engagez-vous à ne pas les augmenter ?
Est-ce un projet porté par un ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ultraconservateur qui fait d'un prétendu islamo-gauchisme le principal problème de nos universités ? Est-ce le projet d'une jeunesse mise au pas, mais sans repas, qui privilégierait le SNU au repas Crous à 1 euro soutenu par la gauche, par les socialistes et par ma collègue Fatiha Keloua Hachi ?