Agnès Firmin Le Bodo Pour Napoléon, la Seine était la grande rue qui menait de Paris au Havre. Depuis, de nombreux projets ont été proposés, dont le plus récent est celui du Grand Paris, imaginé en 2009 par Antoine Grumbach, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy. Un grand nombre de réalisations artistiques et technologiques ont vu le jour sur cet axe qui relie Paris au Havre en passant par Rouen. Il reste à réaliser l'infrastructure qui ouvrirait enfin Paris sur la mer : c'est le projet de ligne nouvelle Paris-Normandie, un temps appelée « ligne à grande vitesse ».
Depuis 2009, les collectivités territoriales ont réalisé des investissements, notamment en matière d'études, à hauteur de plus de 100 millions d'euros. À ce jour, toujours aucun projet concret d'infrastructure. Il est urgent de faire cesser les soubresauts des uns et des autres afin que le projet de ligne nouvelle Paris-Normandie puisse être ancré dans le marbre et avancer.
Ce projet véhicule de multiples enjeux. D'abord, un enjeu de mobilité durable pour les nombreux Havrais qui doivent se rendre à Paris et les nombreux Parisiens qui doivent rejoindre leur territoire en banlieue, ou même Rouen et Le Havre. Ensuite, c'est un enjeu de développement économique pour la France, étant donné l'importance du port du Havre. Enfin, en 2024, il n'est pas acceptable que l'évacuation des conteneurs se fasse à 85 % par des camions. Il est temps d'avancer.
Les acteurs économiques portuaires du Havre attendent une réponse ferme après le changement de pied de la région Île-de-France en septembre dernier, qui les a beaucoup inquiétés. Rappelons que la présidente du conseil régional a remis en cause l'accompagnement par l'Île-de-France des travaux et des études de la ligne nouvelle Paris-Normandie. Contrairement à ce qui a été dit, il ne s'agit aucunement d'un projet d'intérêt local : la LNPN est un projet d'intérêt national, qui concerne tant l'économie de la France que le développement écologique de notre territoire.
Monsieur le ministre délégué, pouvez-vous réaffirmer l'engagement de l'État à soutenir ce projet structurant pour le territoire et pour la France ?