Michel Guiniot Ma question concerne l'état des ponts dans le pays, en particulier dans le département de l'Oise. Cette problématique nationale est une véritable bombe à retardement. En effet, des milliers d'ouvrages d'art ont été reconstruits après les deux guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945. Ils ont donc aujourd'hui entre 80 et 100 ans.
On considère généralement que la durée de vie en bon état d'un pont est d'environ un siècle. Un état des lieux devrait être actualisé pour ces ponts, qu'ils soient détenus par l'État, un département, une intercommunalité, une commune ou un propriétaire privé, en complément des rapports sénatoriaux de 2019 et de 2022. En France, entre 100 000 et 120 000 ponts appartiendraient aux départements.
Par exemple, on compte 684 ponts dans l'Oise, dont 15 faisaient l'objet d'une surveillance renforcée l'an dernier. Dans les conditions actuelles, le département, au regard de la ventilation de son budget, n'aurait même pas les moyens d'en restaurer 10 %. D'après les rapports précités, en 2019, 25 000 ponts étaient considérés comme en mauvais état et posaient des problèmes de sécurité. Depuis, la situation s'est encore dégradée.
La baisse des dotations aux collectivités et l'exclusion des départements du programme national ponts font que de nombreux travaux de mise en sécurité ne seront pas réalisés, notamment dans les départements, ce qui augmente les risques d'accidents graves, déjà accentués par le dérèglement climatique.
Le rapport de 2019 indiquait que 500 ponts par an devraient être reconstruits dans les cinq ans à venir. Qu'en est-il ? Que devient le programme national ponts, pour lequel il avait été réclamé 1,3 milliard d'euros ? Pour mémoire, en 2020, il lui manquait 350 millions. Comment pensez-vous aider les départements à mettre en sécurité ces ouvrages que les usagers de la route utilisent quotidiennement ?