Sébastien Humbert Il y a un peu plus d'un an, en octobre 2023, le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin annonçait « 239 nouvelles brigades de gendarmerie pour les Français ». Dans mon département des Vosges, trois étaient prévues, à Aydoilles, Saint-Maurice-sur-Moselle et Monthureux-sur-Saône.
Il s'agit d'un signal positif, notamment pour la future structure de Monthureux-sur-Saône. En effet, cette commune rurale, qui joue un rôle de centralité pour les environs, hébergeait jadis une brigade de gendarmerie, qui a été fermée il y a quelques années. Son bâtiment abrite désormais un centre d'accueil pour demandeurs d'asile, changement d'affectation qui a été vécu localement comme un abandon et un signe de mépris de la part de l'État.
Les Vosges ne sont pas épargnées par la hausse de la délinquance. L'année écoulée a vu augmenter le nombre de vols et d'atteintes aux biens ou aux personnes ; le trafic de drogue et le nombre des cambriolages ont fortement progressé. Il existe bien dans le département une insécurité qu'il ne faut pas minimiser. Comme partout en France, on observe un déplacement de la délinquance, habituellement circonscrite aux zones urbaines, vers les zones rurales.
Cela doit entraîner une réponse de l'État à la hauteur des enjeux, qui prenne mieux en compte, dans la répartition géographique des moyens octroyés par le ministère, le nombre de faits délictueux constatés, tout en maintenant un maillage territorial équitable.
Dans le contexte financier préoccupant que nous connaissons, et alors que certaines gendarmeries n'ont pas pu régler leurs loyers et ont été contraintes d'en différer le paiement, devons-nous craindre une remise à plat du programme de réimplantations de brigades prévu ? Surtout, qu'en est-il de la concrétisation du projet de Monthureux-sur-Saône ? Le gouvernement pourrait-il nous donner l'état d'avancement précis du projet, un calendrier complet des travaux et une date prévisionnelle de livraison ?