David Habib La ville de Pau, située à 800 kilomètres de Paris, ne dispose pas de ligne à grande vitesse – peut-être celle-ci verra-t-elle le jour dans dix ou quinze ans jusqu'à Dax, mais il n'est même pas certain qu'elle aille jusqu'au Béarn. L'avion est donc, pour de très nombreux Béarnais, comme pour les habitants du Pays basque et les Biarrots, le seul moyen de rejoindre Paris. Lorsqu'on n'a pas d'autre possibilité qu'un trajet en train de cinq heures ou cinq heures et demie – et encore faut-il que cela fonctionne –, on ne peut se permettre le flight shaming.
Je souhaite donc vous interroger sur l'aéroport de Pau. En tant que ministre déléguée à la ruralité, vous n'êtes pas responsable des décisions prises par le passé mais, en l'occurrence, l'État a souvent failli à ses missions, et M. Djebbari, qui a sans doute été le plus mauvais ministre des transports de l'histoire de la République, est au moins comptable de deux problèmes majeurs.
En premier lieu, on a laissé Air France transférer la liaison Pau-Orly à sa filiale Transavia, qui n'est absolument pas adaptée aux besoins du trafic palois. Si les voyageurs vers Tarbes sont des pèlerins et les voyageurs vers Biarritz des touristes, Pau est avant tout un grand pôle économique, du fait des grosses entreprises installées sur notre territoire – Total, Arkema, Safran – et des milliers de salariés qui circulent dans le monde entier.
Dans ma circonscription, 3 milliards d'euros sont en cours d'investissement pour soutenir le fort développement de ces entreprises, et nous avons donc besoin d'échanges avec la capitale. Or l'État, après avoir confié à Transavia le soin d'assurer les liaisons entre Orly et l'aéroport Pau-Pyrénées situé à Uzein, a supprimé toutes ces liaisons depuis le 27 octobre dernier.
Certes, le premier ministre s'est récemment engagé auprès de François Bayrou à tout faire pour restaurer cette desserte, mais pour le moment, il n'existe que quatre vols quotidiens vers Roissy, souvent complets et qu'il faut donc réserver quinze jours à l'avance, sachant, par ailleurs, que Roissy n'est pas vraiment proche du centre de Paris.
Je souhaite donc savoir ce qu'a fait le gouvernement et quelles sont ses intentions, même s'il ne lui reste que quelques heures pour agir.
J'ai longtemps cru qu'Air France était le grand méchant avant de comprendre qu'en réalité, ce sont plutôt les fonctionnaires de la DGAC, la direction générale de l'aviation civile – je serais étonné que M. Migaud, qui vient de nous rejoindre, me contredise sur ce point. Partisans de la mutualisation, ces fonctionnaires ont considéré que trois aéroports dans un rayon de 120 kilomètres, c'était un aéroport de trop et qu'il fallait en supprimer un : privilégiant les pèlerins et les touristes, ils ont décidé de sacrifier Pau. Sauf que ces trois aéroports existent et que Pau ne reçoit pas les dotations dont il a besoin. L'État nous doit beaucoup d'argent au titre d'une créance régalienne, et j'aimerais également avoir une réponse sur ce point.