Nicolas Dragon Dans mon département de l'Aisne, où il n'y a pas plus de vent qu'ailleurs, nous subissons la présence massive d'éoliennes, implantées ou en cours d'implantation. Selon l'observatoire des éoliennes en Hauts-de-France, dans l'Aisne, 516 machines sont en activité, 204 en construction et 235 en instruction. Pour une majorité d'habitants, ces engins entraînent une pollution visuelle de jour comme de nuit, des infrasons particulièrement insupportables pour les riverains, une baisse des prix de l'immobilier et des conséquences non négligeables sur la faune et les paysages.
Le patrimoine bâti et historique est clairement menacé. Combien de villages, de villes, d'églises sont désormais pollués visuellement par ces installations ? Citons les seules éoliennes implantées autour de Laon, de Guignicourt, de Montcornet, de Montaigu et même du site historique du Chemin des Dames… Et pour quel gain ? Les factures d'électricité sont de plus en plus chères – en hausse de 120 % depuis douze ans –, alors même que de plus en plus de machines sont installées, dans l'Aisne comme ailleurs. Je dénonce l'inflation des prix de l'électricité, pour nos habitants et nos très petites, petites et moyennes entreprises, notamment alimentée par les coûts de raccordement et d'adaptation des réseaux électriques à ces productions intermittentes et émiettées sur tout le territoire, davantage financées par les consommateurs que par les producteurs, au bout du compte.
Ce vent de folie provenant des éoliennes semble une hérésie, sachant qu'au moyen de nos cinquante-six réacteurs nucléaires et de nos barrages hydrauliques, 95 % de l'électricité du territoire est décarbonée depuis des années. À l'inverse de son voisin d'outre-Rhin, la France émet ainsi – fait indiscutable depuis des décennies – très peu de CO2 en produisant son électricité. Cette hérésie est d'autant plus surprenante que RTE – Réseau de transport d'électricité – montre clairement dans son dernier rapport que la production française d'électricité est restée stable depuis le début des années 2000.
Dans sa déclaration de politique générale, le premier ministre avait annoncé une réévaluation des conséquences de la production d'énergies renouvelables. Quelles solutions proposez-vous pour faire face à la saturation en éoliennes du territoire axonais ? L'implantation massive de mâts et d'autres équipements en lien avec cette technologie menacent l'attractivité, l'économie, le patrimoine, la qualité de vie et la biodiversité du département, le tout sans apporter de réels profits à nos concitoyens. Comment comptez-vous faire cesser cette hérésie énergétique ?