Alexandre Sabatou Forvia possède trente et un sites en France, dont un à Méru, qui emploie 1 000 salariés, un tiers en production et deux tiers en recherche et développement. Récemment décidée par la direction, la suppression de 8 600 postes en Europe d'ici à 2025 conduit à s'interroger, d'autant plus que l'entreprise prévoit un chiffre d'affaires de 27 milliards d'euros et un résultat positif pour 2024. Les bénéfices en France et en Europe sont certes inférieurs à ceux réalisés en Asie, mais cela ne justifie en rien un plan social massif comme celui-ci.
C'est d'autant plus regrettable que le site de Méru a perçu 6 millions d'euros de crédit d'impôt recherche, lesquels bénéficieront malheureusement au développement de sites industriels hors de nos frontières.
Samedi dernier encore, je rencontrais les syndicats de Forvia à Méru ; ils sont très inquiets quant à l'avenir de leur entreprise. S'ils s'attendaient à un plan de suppression de postes, l'angoisse du lendemain demeure : pourquoi le groupe s'arrêterait-il en si bon chemin ? Il semble vouloir délocaliser non seulement la production, mais également la R&D – c'est le cas à Méru – mettant en péril tout le savoir-faire automobile français, qui risque de partir en Chine.
Si nous cessons de produire en France, si nous n'innovons même plus sur notre territoire, que nous restera-t-il, madame la ministre ? Une telle évolution représente en effet une menace, non seulement pour les emplois directement concernés, mais aussi pour la compétitivité et la capacité d'innovation du secteur automobile français tout entier.
En France, le climat n'est guère favorable aux constructeurs automobiles, étouffés par une incessante multiplication de normes et de contraintes : les réglementations environnementales, de plus en plus strictes, et les taxes qui s'accumulent empêchent l'industrie automobile d'évoluer sereinement. Bien que motivées par des considérations écologiques, de telles mesures alourdissent les coûts de production et freinent l'innovation, mettant en péril la compétitivité de nos constructeurs face à leurs concurrents étrangers.
Nous vous demandons instamment d'adopter des mesures concrètes, permettant d'alléger cette pression tout en encourageant les acteurs de ce secteur à maintenir leur activité en France plutôt que de recourir à la délocalisation. Revenons sur la décision irresponsable d'interdire les moteurs thermiques en 2035.
Lors de sa visite du site de Méru en juillet 2020, Bruno Le Maire louait ce qu'il qualifiait de « très belle entreprise dans le secteur automobile », affirmant qu'il croyait « profondément en la reconquête industrielle dans notre pays ». Nous voyons, hélas, où nous en sommes en 2024.
Madame la ministre, il faut sauver l'industrie automobile française ! Nous avons besoin de mesures claires et immédiates, comme la fin des subventions aux entreprises qui abandonnent la France et le déploiement de dispositifs renforçant notre compétitivité, participant d'une véritable stratégie de réindustrialisation. Que comptez-vous faire pour que les mots de 2020 ne soient pas une simple promesse sans lendemain ? Que pouvons-nous faire pour l'entreprise Forvia et, plus généralement, pour empêcher la délocalisation de la production et de la R&D de notre territoire ?