Le centre hospitalier inter-communal (CHIC) d'Alençon-Mamers fait face à une augmentation du nombre annuel de passages de patients 39 250 en 2018 soit + 6 % en 1 an. Comme dans d'autres établissements, une majorité de patients s'adressent aux services d'urgence hospitalière pour une demande de soins non programmés qui n'est pas satisfaite par la médecine générale en ville. Sur le bassin de vie d'Alençon ce sont plus de 7 % de patients qui se déclarent sans médecin traitant. Ce chiffre vient confirmer la difficulté d'accès aux soins de premier recours. Face à cette situation, l'agence régionale de santé (ARS) a décidé, par arrêté du 4 juillet 2019, d'étendre les zones éligibles aux aides à l'installation et au maintien des professionnels médicaux. 97 % de la population de l'Orne réside désormais dans une zone couverte par ce dispositif. Dans le même temps, le déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) va permettre d'organiser la réponse de la médecine de ville. Un premier projet de CPTS verra le jour d'ici à la fin de l'année 2019 dans le sud du département de l'Orne. En complément, l'ARS Normandie accompagnera l'ouverture en septembre prochain au sein de l'hôpital de consultations non programmées de médecine générale afin de répondre à la demande des patients et fluidifier la filière courte des urgences. Il est important également de relayer auprès de la population locale la campagne de communication lancée par l'ARS au niveau régional qui informe du numéro d'appel 116 117 permettant de joindre un médecin généraliste en dehors des heures d'ouverture des cabinets médicaux. Par ailleurs, plusieurs projets de territoires ont été élaborés, en lien avec l'ARS, pour proposer des postes médicaux avec un exercice mixte salarié et libéral. Les phases de recrutement sont en cours en lien avec les coordonnateurs universitaires de médecine générale. Concernant les conditions d'accueil des patients aux urgences et de travail pour les personnels, la direction de l'établissement qui dispose de lits d'unités d'hospitalisation de courte durée, s'est engagée, avec le soutien de l'ARS, à en améliorer la gestion pour plus de fluidité et prévoit d'ouvrir en janvier 2020, 6 lits de soins continus pour prendre en charge des patients nécessitant une surveillance rapprochée. L'établissement s'est également engagé dans un programme majeur de rénovation, échelonné sur 5 ans. Ce programme concerne plusieurs services dont en premier lieu la finalisation du regroupement du pôle mère-enfant. Dans un contexte de grande fragilité budgétaire, ces opérations doivent être étalées dans le temps malgré un constat global de vétusté de certains services. L'ARS a renforcé l'accompagnement externe de l'établissement afin d'élaborer un plan d'action global qui permettra, à moyen terme, d'envisager la réalisation de nouveaux investissements. La ministre des solidarités et de la santé a mobilisé une enveloppe nationale de 70 millions d'euros pour répondre aux tensions exprimées par les professionnels des services d'urgence. A compter du 1er juillet 2019, une prime de risque mensuelle de 100 euros net est attribuée à tout le personnel non médical exerçant au sein de ces services. Une enveloppe de plus de 600 000 euros sera attribuée à l'ARS Normandie qui pourra ainsi accompagner des actions organisationnelles immédiates visant à soutenir les services pendant la période estivale.