🤔Conséquences du réchauffement climatique sur les littoraux françaisMme Muriel Ressiguier alerte M. le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur les conséquences irréversibles du changement climatique sur les littoraux français. Victimes d'un développement sauvage de l'urbanisme, les littoraux français subissent de plus en plus les phénomènes d'érosion et sont exposés davantage aux risques de submersion marine. Il faut rappeler que d'ici 2100, l'élévation du niveau de la mer serait comprise entre 18 et 59 cm. Les populations concernées seront de plus en plus nombreuses. Selon l'Observatoire de la mer et du littoral, la France connaîtrait en 2040 (DOM inclus) 9 millions d'habitants sur ses côtes, contre 7,6 millions en 2007. 850 000 personnes vivent sur les zones basses, dont l'altitude est inférieure aux niveaux atteints par la mer lors de conditions météo extrêmes. Ce phénomène connaît aujourd'hui une accélération. Il a des effets négatifs considérables pour les populations : risques d'inondations, fissures des bâtiments notamment en front de mer, ensablement des rues et des bâtiments, glissements de terrain. La façade littorale languedocienne se caractérise en plus par le fait que la côte est majoritairement sableuse, avec une faible altimétrie qui rend le bord de mer plus vulnérable à la sédimentation et aux phénomènes d'érosion. Les collectivités tentent de s'adapter. À Sète, la protection du Lido a nécessité le déplacement de la route plus loin de la mer ; la plage a gagné 70 mètres et un cordon dunaire a été recréé. Au large, des boudins de sable ont été posés au fond de l'eau pour atténuer la houle et les vagues. À Gruissan, des chalets sur pilotis ont été installés. Suite à la tempête Xynthia qui a frappé la côte atlantique en février 2010, l'État a multiplié les textes réglementaires, sans réelle efficacité. Le recul du trait de côte exige que l'État s'investisse davantage. Il doit encourager les efforts d'adaptation à la montée des eaux qui passent par des méthodes alternatives aux ouvrages en dur, telles que la promotion des zones tampon ou le fait de rendre à l'élevage les terres inondables. Il doit enfin veiller à l'accompagnement des personnes sinistrées qui sont forcées de partir : elles sont de véritables « déplacés climatiques ». Il l'interroge sur ce qu'il compte faire pour ne pas abandonner les citoyens du littoral à leur sort.