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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Marc Ferracci
, Ministère auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’industrie et de l’énergie3 juin 2025
Le Gouvernement partage pleinement le constat d'une situation très préoccupante pour la sidérurgie européenne face aux défis majeurs menaçant sa pérennité. Les surcapacités mondiales de production, accentuées par la fermeture de plusieurs marchés régionaux stratégiques, à l'image du marché américain, conduisent à une redirection massive des flux vers l'Union européenne, exposant celle-ci à une pression commerciale sans cesse plus intense. Par conséquent, cette situation appelle la France à s'engager au niveau européen afin de porter la cause d'une sidérurgie compétitive et souveraine, dans le respect des principes d'une concurrence loyale. Il est impératif d'agir, tout en dessinant des perspectives solides au-delà de l'horizon 2026. Il en va non seulement de la souveraineté européenne en matière de production d'acier, maillon essentiel de nombreuses chaînes de valeur, mais aussi de la capacité de notre sidérurgie à se décarboner, en assurant à la fois sa viabilité économique et la réalisation de nos objectifs climatiques. Toutes les grandes puissances industrielles sont également des puissances sidérurgiques, et la France défend la nécessité d'une production primaire et secondaire sur le sol européen, et ce pour assurer notre indépendance. Sur la situation spécifique d'ArcelorMittal à Dunkerque, la convention signée en janvier 2024 entre ArcelorMittal France et l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) reste valable et en vigueur. Elle prévoit une subvention de 850 millions d'euros, conditionnée à la commande des actifs stratégiques, tels que les fours à arc électrique et le réacteur DRP, ainsi qu'à la performance environnementale du projet, notamment l'utilisation d'hydrogène. Le Gouvernement tient également à souligner qu'aucun versement partiel n'a encore été effectué. Par ailleurs, l'action résolue du Gouvernement, déployée à plusieurs niveaux en faveur de la sidérurgie européenne, doit permettre à ArcelorMittal d'engager son projet avec des perspectives économiques claires et porteuses. À court terme, le Gouvernement a alerté la Commission européenne et obtenu l'annonce d'un plan d'urgence pour l'acier européen en mars 2025. Ce plan doit, qui vise une amélioration significative des instruments de défense commerciale, doit désormais être mis en oeuvre. En parallèle, l'État incite les acteurs de la filière à utiliser les instruments existants autant que possible, notamment par le dépôt de demandes d'enquête auprès de la Commission dès que nécessaire. Pour permettre aux industriels électro-intensifs d'accéder à une électricité compétitive, Électricité de France (EDF), dans le cadre de l'accord conclu avec l'État en novembre 2023, développe une nouvelle politique commerciale basée sur des contrats de long terme d'environ 10 ans, négociés bilatéralement avec les industriels dans une logique de partage de risque. Cet outil est essentiel pour garantir la décarbonation et la réindustrialisation du pays. Par ailleurs, le Gouvernement demeure attentif à ce que les outils développés par EDF permettent de dégager les moyens nécessaires au financement des investissements dans le parc de production nucléaire tout en assurant durablement la compétitivité de l'industrie. En parallèle, la réforme du marché de l'électricité engagée en France, et la signature avec EDF d'une lettre d'intention relative à la conclusion d'un contrat d'allocation de la production, devrait aussi permettre à ArcelorMittal de sécuriser ses approvisionnements futurs en électricité en France. En outre, la France plaide pour un cadre global permettant de répondre aux défis conjoints des surcapacités mondiales et de la décarbonation. Concernant la problématique de concurrence déloyale liée aux surcapacités, il est essentiel de mettre en place un outil pérenne de politique commerciale européenne, succédant à la mesure de sauvegarde actuelle qui prendra fin en 2026. Sur le plan de la décarbonation, la mise en œuvre du Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) devra garantir que les aciers importés fassent l'objet d'une tarification carbone alignée sur celle que paient déjà les sidérurgistes européens dans le cadre de l'EU-ETS. La France appelle donc à une mise en œuvre pragmatique et équilibrée de ce mécanisme, qui, combiné au cadre de l'EU-ETS, doit soutenir ces objectifs climatiques sans compromettre la compétitivité des aciers européens ni leur capacité à engager les investissements nécessaires à leur transition écologique. La France porte ces propositions avec détermination auprès de la nouvelle Commission européenne, forte du soutien de nombreux États membres, en particulier des grandes puissances industrielles du continent, réunies au sein de l'alliance de l'industrie lourde à l'initiative de la France.
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