Manuel Valls,
Ministère des outre-mer •
12 août 2025Face aux difficultés que le syndicat mixte de gestion de l'eau et de l'assainissement de Guadeloupe (SMGEAG) rencontre, l'Etat accompagne étroitement ce dernier par des financements en investissement, en fonctionnement et un soutien en ingénierie. Ainsi, depuis 2023, le SMGEAG bénéficie d'un contrat d'accompagnement renforcé de trois ans (2023-2025), signé avec l'État et les partenaires institutionnels. Ce contrat vise à l'appuyer dans la mise en œuvre de son plan de retour à l'équilibre et à lui permettre de rattraper le retard considérable accumulé sur les réseaux. Il prévoit notamment la mise à disposition de 11 assistants techniques financés par l'État, dont 8 ont été effectivement recrutés. Ces agents, présents à temps plein sur le territoire, travaillent étroitement avec les équipes du syndicat. L'État a également nommé un sous-préfet spécifiquement dédié à la politique de l'eau en Guadeloupe. Les deux premières années du contrat ont donné lieu au versement de 47 M€ au bénéfice du SMGEAG. Un avenant signé le 16 mars 2025 a prévu, pour l'année en cours, une subvention exceptionnelle d'exploitation pouvant atteindre 18 M€. Ce soutien reste conditionné à la réalisation effective des réformes structurelles indispensables et attendues, mesurées à travers des livrables remis périodiquement. Au-delà de ce contrat, l'État a mobilisé 173,2 M€ depuis 2016 au titre du plan Eau DOM pour la Guadeloupe répartis en 95,8 M€ de subventions, 72,9 M€ de prêts bonifiés, et 4,45 M€ d'appui technique. L'Etat a donc soutenu le syndicat en apportant une ingénierie renforcée et en contribuant massivement à son financement. Cependant, la réussite du redressement repose aussi sur une gestion efficace des moyens publics alloués. Or, force est de constater que le syndicat n'engage pas les réformes préconisées notamment par la Chambre régionale des Comptes, dont le rapport publié début juillet 2025 est sans appel puisqu'il souligne un écart manifeste entre les besoins réels de la structure et les décisions prises par ses instances délibérantes. Le SMGEAG compte près de deux fois plus d'agents que nécessaire, selon les standards du secteur, et applique une politique de rémunération particulièrement avantageuse, sans justification ni contrepartie sur la qualité de service. Or, dans le même temps, l'entretien du réseau reste lacunaire, et les performances globales du service ne progressent pas à la hauteur des enjeux. Il importe dès lors que ces réformes, dont la nécessité fait consensus, soient désormais effectivement mises en oeuvre.