Bruno Retailleau,
Ministère de l'intérieur •
9 sept. 2025Les agressions envers les agents publics, lorsque le fondement même de leurs missions est de porter secours à la population, sont absolument intolérables et doivent faire l'objet de réponses pénales fermes. En 2020, l'observatoire national des violences envers les sapeurs-pompiers a été créé par instruction du ministre de l'Intérieur, afin de mieux connaitre et caractériser ce phénomène, associant notamment les partenaires sociaux. Sur la base des remontées statistiques effectuées par les différents services d'incendie et de secours, les chiffres de l'observatoire sont, après fiabilisation et consolidation de deux mois au moins, publiés annuellement au mois de mars. Ce sont d'abord les situations d'agressions qui sont comptabilisées, puis dans chacune d'entre elles, les nombres d'impliqués et de blessés sont précisés. Les services d'incendie et de secours ont ainsi déclaré 1461 situations d'agression à la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCG) en 2024. Ce nombre connaît donc une augmentation de 2,9 % par rapport à 2023 (1421 faits). La part des violences verbales (outrages) augmente de 4 points en 2024 et constitue 53 % du total des agressions envers les pompiers. Par ailleurs, 609 sapeurs-pompiers ont été blessés en 2024, contre 555 en 2023. Les agressions ont lieu, dans plus de 85 % des cas, lors d'un secours à personne (SUAP). L'auteur des violences est très souvent la victime secourue (74 %) ou un membre de sa famille proche (7 %). Au 31mai 2025, 622 agressions ont été déclarées au niveau national, contre 555 au cours de la même période en 2024, soit une augmentation de plus de 11 %. Cette augmentation résulte pour partie d'une meilleure prise en compte de ses violences par certains services d'incendie et de secours, lesquels, sous l'impulsion de la DGSCGC, remontent nettement mieux ces faits scandaleux et encouragent leur judiciarisation. Ainsi, le taux de plaintes individuelles en 2025 s'établit désormais à près de 62 % (seulement de 51 % en 2023 et 54 % en 2024). Les départements ayant déclaré le plus de situations d'agression en 2024 sont : le Nord (109 faits), la Gironde (69 faits), le Rhône (57 faits), le Bas-Rhin (55 faits), Paris (47 faits) et les Bouches-du-Rhône (44 faits).