Catherine Vautrin,
Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles •
2 sept. 2025Le secteur de l'accueil du jeune enfant, notamment celui de l'accueil collectif, traverse une crise liée à la fois au manque d'attractivité de la filière professionnelle et aux pénuries de personnels qui en résultent, et à l'hétérogénéité des conditions d'accueil qu'ont mis en lumière plusieurs rapports d'inspection et commissions d'enquêtes parlementaires. En dépit d'une demande d'accueil toujours insatisfaite de la part des parents de jeunes enfants, cette situation pèse sur la capacité du secteur à poursuivre le développement d'une offre de qualité et disponible pour les parents. Ces constats ont présidé à la mise en œuvre d'un service public de la petite enfance, qui a pour objet d'agir de façon concomitante sur l'ensemble des freins au développement d'une offre de qualité. Le Gouvernement agit ainsi en faveur de la restauration de l'attractivité des métiers de la petite enfance et accompagne la couverture progressive de l'ensemble des professionnels de crèche par des conventions collectives convergentes vers des engagements plus favorables s'agissant des conditions d'emploi et de rémunération. Ainsi, dans le cadre de la Convention d'objectifs et de gestion (COG) qui lie la Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF) et l'Etat, ce dernier investit depuis 2024 en faveur de la mise en place d'un forfait, "bonus attractivité", versé par les caisses d'allocations familiales aux gestionnaires des établissements, financés par la prestation de service unique, dès lors que ceux-ci, dans le secteur privé, sont soumis à une convention collective ayant fait l'objet d'un avenant prévoyant une augmentation salariale de 150 euros nets en moyenne pour les salariés de ces établissements. Son montant est calculé de façon à prendre en charge les deux tiers du coût des revalorisations pour l'employeur. A ce jour, six conventions collectives ouvrent droit à ce financement. En 2024, 88 M€ ont été attribués par les caisses d'allocations familiales à ce titre. Au sein du secteur privé non lucratif, ce bonus a concerné 84 200 places d'accueil, et il est évalué que le bonus attractivité est venu couvrir en moyenne 64 % du coût de l'augmentation salariale. Parallèlement, en préfiguration de la prochaine COG à conclure entre la CNAF et l'Etat, de nouveaux mécanismes de financement sont à l'étude en vue de soutenir une concertation avec le secteur dans le cadre du Comité de filière petite enfance et de permettre une phase d'expérimentation préalable à une généralisation.