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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Avec
Astrid Panosyan-Bouvet
, Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé du travail et de l’emploi5 mars 2025

ÉTABLISSEMENTS D'ACCUEIL DU JEUNE ENFANT


M. le président . La parole est à M. Christophe Marion, pour exposer sa question, no 177, relative aux établissements d'accueil du jeune enfant.

M. Christophe Marion . Je souhaite vous interroger sur les dispositions prévues par le décret, à paraître, visant à renforcer la qualité d'accueil au sein des établissements d'accueil du jeune enfant.

Bien que ce projet de décret s'appuie sur le travail rigoureux de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale des finances (IGF), il continue de susciter l'inquiétude des gestionnaires de microcrèches et des élus, notamment ceux des territoires ruraux.

En effet, ce texte supprimerait de nombreuses dérogations accordées aux microcrèches, afin de rapprocher leurs normes d'encadrement de celles des petites crèches.

Je salue sincèrement la volonté du gouvernement de garantir aux enfants un accueil de qualité – c'est évidemment primordial. Je remercie également Mme la ministre Catherine Vautrin d'avoir entendu les préoccupations du secteur auxquelles elle a répondu dans un courrier adressé début février aux députés.

J'y lis que l'amélioration de l'accueil des enfants permettra une amélioration des conditions de travail des professionnels, préalable à une plus grande attractivité des métiers.

J'entends. Néanmoins, c'est un peu le serpent qui se mord la queue puisque, pour améliorer l'accueil des enfants, il est proposé de renforcer leur encadrement, et donc de recourir à plus de professionnels, qui plus est mieux diplômés.

Or, vous savez que le secteur de la petite enfance manque d'au moins 10 000 professionnels. Comment, en pratique, procéder au recrutement de ces auxiliaires de puériculture ?

Selon l'Igas, l'amélioration de la formation initiale des personnels et le relèvement général du niveau de qualification « ne pourront pas être atteints si la pénurie actuelle de professionnels n'est pas résolue ». Elle préconise donc une augmentation très importante de l'appareil de formation et une réflexion sur les conditions d'attractivité et la perception sociale des métiers. Le gouvernement l'envisage-t-il ?

Enfin, le projet de décret prévoit des modifications pour l'accès à la direction des microcrèches. Mme Vautrin a annoncé des dispositions dérogatoires pour les personnels déjà en poste. Quelle est la teneur de ces dérogations ? Sous quelles conditions seront-elles accordées ?

M. le président . La parole est à M. le ministre chargé de la santé et de l'accès aux soins.

M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l'accès aux soins . Je réponds pour Mme Vautrin, ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles. Ce projet de décret est important pour assurer la qualité d'accueil des jeunes enfants. Or, de nombreuses informations erronées ont circulé.

Soyons clairs sur ce que prévoit ce texte, en cours d'examen par le Conseil d'État : il s'agit d'aligner les normes d'encadrement des microcrèches sur les crèches classiques de taille similaire, les petites crèches. Les microcrèches devront compter au moins un professionnel de catégorie 1 et, sous réserve qu'il soit titulaire d'un diplôme, chaque professionnel ne pourra pas encadrer plus de trois enfants. En outre, un directeur ne pourra exercer des fonctions de direction que dans deux établissements au maximum.

Ce décret n'entrera en vigueur qu'à compter du 1er septembre 2026. Les auxiliaires de puériculture occupant le poste de référent technique et disposant d'une expérience de trois ans pourront être maintenus à leur poste. Tous les titulaires d'un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) travaillant déjà dans ces crèches n'auront pas à acquérir le diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture et pourront continuer à exercer leur métier.

De nombreuses crèches disposent déjà d'un directeur ou d'un référent technique pour deux structures et 40 % de leur personnel est déjà qualifié de catégorie 1.

Ces mesures sont essentielles pour respecter les besoins des enfants, d'autant que, dans les microcrèches, ces derniers sont les mêmes que dans les petites crèches classiques. Il n'y a donc aucune raison que les conditions d'encadrement diffèrent.

L'État n'abandonne pas les microcrèches : il finance ces établissements, notamment par le versement du complément de libre choix du mode de garde (CMG) aux parents.

Concernant les microcrèches éligibles à la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), j'appelle votre attention : le prix de revient moyen est inférieur au plafond des 10 euros et nous ne disposons d'aucun élément financier me démontrant l'inverse.

Enfin, le gouvernement entend faciliter l'accès au diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture – ou à tout autre diplôme appartenant à la catégorie 1 – par voie de validation des acquis de l'expérience, afin de reconnaître l'engagement des professionnels et de renforcer l'attractivité des métiers.

Nous sommes donc pleinement mobilisés pour accompagner ce changement conduit en faveur de nos enfants.

M. le président . La parole est à M. Christophe Marion.

M. Christophe Marion . Je vous remercie. Je serai particulièrement attentif aux mesures dérogatoires prévues par Mme la ministre, afin de sauver certaines microcrèches, notamment en territoire rural.

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