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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Avec
Marc Ferracci
, Ministère auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’industrie et de l’énergie12 mars 2025

DÉSINDUSTRIALISATION DANS LE TARN


M. le président . La parole est à Mme Karen Erodi, pour exposer sa question, no 220, relative à la désindustrialisation dans le Tarn.

Mme Karen Erodi . Le Tarn est symptomatique de ce qui se passe dans tout le pays : une hémorragie industrielle sape le tissu économique et social dans les départements ruraux et détruit des milliers d'emplois. Vous vous félicitez des créations d'emplois, mais la réalité est bien plus crue : depuis septembre dernier, plus de 300 « plans de sauvegarde de l'emploi » – bien mal nommés – ont été présentés, ce qui correspond à près de 300 000 emplois détruits ou en passe de l'être ; plus de 65 000 entreprises ont fait faillite en 2024, dont 5 000 PME ; un nombre toujours croissant de salariés sont laissés sur le carreau, sans perspective de reconversion ni filet de sécurité digne de ce nom.

Le Tarn, comme tant d'autres territoires industriels, subit de plein fouet cette désindustrialisation accélérée. Ce ne sont pas juste des chiffres, ce sont des usines qui ferment, des savoir-faire qui disparaissent, des centaines de familles laissées dans l'incertitude et la précarité !

Je donnerai trois exemples sur mon territoire. À Terssac, l'entreprise Thales simulation and training supprime trente-neuf postes sur quatre-vingt-onze : les syndicats craignent même, à terme, une fermeture de tout le site, car il n'a pas une envergure suffisante pour affronter la concurrence internationale. Près de 40 % des effectifs sont sacrifiés alors même que l'État est actionnaire ! Si une entreprise stratégique comme Thales, qui produit des simulateurs pour la défense nationale, réduit ses capacités industrielles en France, que restera-t-il de notre souveraineté industrielle, et même militaire ? Que deviendront-elles si nous laissons partir ces compétences vers d'autres pays ?

À Saint-Juéry, l'entreprise FCT a connu un tel sort : soixante-quinze salariés sont licenciés après une liquidation judiciaire en 2023. Certes, un repreneur a embauché une partie d'entre eux mais une quinzaine de travailleurs restent sans solution. Ils ne bénéficient ni d'un plan de requalification ni d'un soutien spécifique. Là encore, l'État est resté spectateur.

Enfin, à Albi, la Safra, entreprise pionnière dans le bus à hydrogène, qualifié de secteur d'avenir par Bruno Le Maire lors de sa visite, est aujourd'hui en redressement judiciaire – 171 emplois sont en péril. La cause ? Malgré les aides ponctuelles, les commandes publiques ne sont jamais arrivées. L'État abandonne cette entreprise stratégique, qui a manqué d'un soutien local, régional ou étatique structuré, cohérent et à long terme.

Ces trois exemples ne sont pas des cas isolés. Ils révèlent une forfaiture face au grand déménagement du monde. L'État ne joue plus son rôle d'investisseur, de protecteur et de stratège de l'industrie nationale. Soyons clairs : ce qui tue notre industrie, c'est l'absence de volonté politique ! Les salariés de Thales, de FCT et de la Safra ne demandent pas qu'on saupoudre de l'argent public, une fois leur situation reconnue comme critique.

L'heure est grave et la situation nous préoccupe, sur tous les bancs de l'hémicycle. Pouvez-vous expliquer comment Thales, dont l'État est actionnaire, en arrive à supprimer 40 % des emplois ? Pourquoi, après la liquidation de FCT, des salariés restent-ils sans solution ? Pourquoi les pouvoirs publics n'ont-ils pas engagé de bras de fer avec l'entreprise pour, par exemple, conditionner la reprise du site à des réembauches qui n'oublieraient personne ?

Malgré les aides, l'entreprise Safra est en redressement faute de commandes : où est la politique du carnet de commandes, poursuivant des objectifs sociaux, environnementaux et d'intérêt général ? Enfin, sempiternelle question : alors que les grands groupes du CAC40 versent 100 milliards d'euros de dividendes tout en licenciant, quand allez-vous enfin conditionner les aides publiques au maintien des emplois ?

M. le président . La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique.

Mme Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique . Vous avez appelé l'attention de Marc Ferracci, ministre chargé de l'industrie, sur la situation de l'industrie en France, en particulier dans le Tarn où plusieurs annonces ont créé de l'incertitude et, parfois, de l'inquiétude. La liste des entreprises que vous citez recouvre des cas très différents : Éric Lombard et Marc Ferracci travaillent à des réponses spécifiques pour chacune d'entre elles. Je comprends votre inquiétude et assure de mon soutien les salariés concernés.

L'ambition du gouvernement est d'agir sans relâche pour la reconquête industrielle de nos territoires. Depuis 2017, nous avons fait des progrès considérables sur l'attractivité, la compétitivité et les emplois. Il en résulte un chiffre simple : sur cette période, nous avons créé 130 000 emplois dans l'industrie. En 2024, nous avons continué à ouvrir plus d'usines qu'à en fermer : il y a eu trente-six ouvertures d'usines en net au premier semestre 2024 et, sur l'année, la tendance est positive. Cette tendance vaut notamment pour votre région, l'Occitanie, qui héberge le foyer de l'industrie aéronautique, fleuron dont nous sommes fiers : ce secteur recrute 30 000 personnes par an et affiche un excédent commercial de 30 milliards d'euros.

Cela ne doit pas cacher les difficultés, qui touchent notamment les secteurs de la chimie, de l'automobile et de l'acier. Il faut accompagner, en Français et en Européens, ces secteurs soumis à la concurrence internationale, parfois déloyale, désormais exposés à une potentielle guerre commerciale et confrontés à des mutations technologiques majeures.

Le rôle de l'État est d'assister les chefs d'entreprise en amont des difficultés, pour trouver des solutions visant à pérenniser les activités et l'emploi chaque fois que c'est possible. Il agit via le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), la délégation interministérielle aux restructurations d'entreprises (Dire) et les commissaires aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises (CRP), qui accompagnent près de 4 000 sociétés par an. Ces trois structures, constituées de professionnels de l'accompagnement et de la recherche de solutions, préviennent les défaillances ou, lorsqu'elles surviennent, en limitent les conséquences sur les emplois et les savoir-faire.

Enfin, concernant l'entreprise Safra, sachez que les services de Bercy accompagnent depuis plusieurs mois l'entreprise pour faire émerger une solution à l'activité d'autobus à hydrogène, qui est fragilisée : des offres de reprise partielle sont en cours d'analyse.

Madame la députée, soyez certaine que le gouvernement sera toujours aux côtés des parlementaires et des élus locaux pour agir au service de l'industrie de notre nation.

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