PORT DE SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON
M. le président . La parole est à M. Stéphane Lenormand, pour exposer sa question, no 261, relative au port de Saint-Pierre-et-Miquelon.
M. Stéphane Lenormand . Le port de Saint-Pierre-et-Miquelon est le dernier port d'État estampillé port d'intérêt national. Depuis quarante ans, ses infrastructures portuaires souffrent d'un manque d'investissement de la part de l'État. En 2018, plusieurs rapports d'expertise ont évalué le coût de leur remise en état à plus de 100 millions d'euros. Sur le port de Miquelon, d'abord, un trou est apparu au milieu du quai. Aujourd'hui, j'appelle votre attention sur la situation du quai du commerce de Saint-Pierre. Ce quai est en partie fermé. La partie qui reste ouverte constitue le hub de ravitaillement du territoire : chaque semaine, les conteneurs qui apportent les denrées alimentaires et les équipements l'utilisent.
Entre la partie du quai qui est fermée et celle qui est encore en activité, il existe une différence de 1,2 millimètre dans l'épaisseur de palplanche. Depuis bientôt trois ans, j'ai alerté le gouvernement sur la nécessité d'intervenir – certes, six ministres des outre-mer se sont succédé et il y a eu une dissolution. Il y a urgence : les services de l'État ont estimé le montant des travaux de rénovation à environ 19 millions. J'attends une prise de conscience de la part du gouvernement. Lors de son audition du 4 février 2025, le ministre des transports m'avait donné un espoir en annonçant que 13 millions seraient affectés à la rénovation du quai du commerce. Ses services avaient dû faire erreur, car il n'en est rien.
Je souhaite connaître la position du gouvernement sur ce problème clairement identifié depuis bientôt trois ans par les services de l'État. Rappelons l'importance du port pour ce territoire insulaire peuplé de Bretons, de Normands et de Basques, dont la devise est
A mare labor. Il est difficile, pour un territoire doté d'une telle histoire, de voir son quai portuaire fermer progressivement – d'autant qu'à chaque visite ministérielle, on nous bassine avec la grandeur de la France, ses outre-mer, sa présence sur les cinq océans !
J'aimerais que le gouvernement s'engage dès maintenant à agir, car les travaux s'échelonneront sur une durée de presque trois ans. Il faut une décision rapide – la situation a trop duré !
M. le président . La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de la ville.
Mme Juliette Méadel, ministre déléguée chargée de la ville . Le gouvernement a conscience de l'état des infrastructures portuaires à Saint-Pierre-et-Miquelon. L'enveloppe qui leur est allouée dans le contrat de convergence et de transformation 2024-2027 s'élève à 13 millions d'euros pour ce qui concerne les infrastructures de transport. Ces 13 millions permettront de réaliser au cours de cette période les travaux jugés prioritaires : une intervention sur le quai Avel Mad à Miquelon pour 10 millions, l'entretien nécessaire à l'exploitation des différents sites portuaires et des réparations d'urgence, notamment à Saint-Pierre, pour 3 millions d'euros.
Il ressort des études diligentées en 2018 par les services de l'État avec l'appui du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), portant sur l'ensemble des infrastructures portuaires de Saint-Pierre et de Miquelon, que le coût des travaux de restauration complète des quais du commerce à Saint-Pierre et de la digue de protection associée sont estimés à 19 millions s'ils sont réalisés en une fois et à 32 millions s'ils sont réalisés en plusieurs phases. Ces montants excèdent l'enveloppe totale relative aux infrastructures de transport pour le territoire.
Dans le contexte budgétaire actuel et en l'état des discussions, le programme budgétaire
Infrastructures de transport n'a donc pas la capacité de financer ces travaux sur la période 2024-2027. Soyez néanmoins assuré de l'engagement du ministère en faveur de la rénovation des infrastructures de transport. La conférence Ambition France Transports annoncée par le premier ministre permettra d'identifier des leviers de financement plus pérennes.
M. le président . La parole est à M. Stéphane Lenormand.
M. Stéphane Lenormand . Votre réponse ne me satisfait guère compte tenu de l'urgence. Je retiens qu'il faudra attendre 2027 pour voir une avancée. Si le quai s'éventre et qu'il n'est plus possible d'approvisionner le territoire, le gouvernement aura des problèmes beaucoup plus urgents à gérer…