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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Avec
Yannick Neuder
, Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins11 juin 2025

COVID LONG


M. le président . La parole est à Mme Nadège Abomangoli, pour exposer sa question, no 363, relative au covid long.

Mme Nadège Abomangoli . Selon Santé publique France, en 2022, près de 2 millions de citoyens vivaient avec le covid long. Pour 700 000 d'entre eux, le covid long prend une forme sévère, avec un impact grave sur leur santé, mais aussi sur leur vie privée et sociale. En effet, le covid long, maladie sévère, est aussi le nom d'une mise au ban sociale.

Nous parlons de personnes qui, sans reconnaissance ni accompagnement, ne perçoivent plus d'indemnités et se retrouvent souvent sans emploi ou à temps partiel. Nous parlons de personnes qui, à l'université, sont radiées de leurs études car aucun aménagement n'est réalisé pour prendre en compte leur maladie. Nous parlons de personnes qui, en l'absence d'un grand plan de purification de l'air et faute de prévention, sont en danger dans n'importe quel espace public. Nous parlons de personnes qui doivent renoncer à certains loisirs, et donc s'isoler de leurs familles et de leurs amis.

Une loi créant une plateforme de référencement et de prise en charge des malades chroniques de la covid-19 a été promulguée le 24 janvier 2022, mais ses décrets d'application n'ont toujours pas été publiés.

Pire, votre gouvernement a transformé l'accès aux tests PCR en parcours du combattant. Dès lors, les malades du covid long ne savent souvent pas qu'ils le sont ; ils se retrouvent soignés avec un traitement pour chaque symptôme, et non pour le covid long.

Alors que de nombreux pays voisins procèdent à des essais cliniques, la France est à la traîne, administrant exclusivement des questionnaires portant sur les symptômes au lieu de mener une véritable politique publique de recherche.

Il faut que cesse cette invisibilisation des malades. Faute de mesures appropriées, des millions d'entre eux sont plongés dans une errance médicale et une profonde détresse.

C'est contre cette invisibilisation que j'organise demain à l'Assemblée nationale une série de tables rondes avec les associations de malades et des professionnels de santé. Le gouvernement est bien sûr invité.

Quand cesserez-vous d'ignorer le covid long ? Quand allez-vous permettre un recensement des malades ? Quand allez-vous enfin garantir un accompagnement de qualité pour les malades du covid long, qui sont très nombreux et très isolés ?

M. le président . La parole est à M. le ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche.

M. Philippe Baptiste, ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche. Le covid long est en effet une réalité médicale, sociale et humaine lourde pour les milliers de nos concitoyens qui en souffrent.

C'est pourquoi le gouvernement a élaboré, dès mars 2022, une feuille de route dédiée afin de mieux structurer la prise en charge, d'améliorer l'information des patients et de renforcer la recherche.

La prise en charge repose sur trois niveaux : le médecin généraliste, au cœur du dispositif, les spécialistes en deuxième recours et, pour les cas les plus complexes, les services de soins médicaux et de réadaptation.

À ce jour, 130 cellules de coordination ont été déployées sur le territoire. Elles permettent d'orienter les patients, d'accompagner les soignants et d'éviter les situations d'isolement et d'errance.

Par ailleurs, vous mentionnez, à juste titre, la loi du 24 janvier 2022 prévoyant la création d'une plateforme de référencement et de prise en charge des malades.

Un espace d'information dédié au covid long a été lancé en mars 2024 sur le site internet santé.fr. Il regroupe des contenus sur les symptômes, les parcours de soins, la recherche, et inclut un outil d'orientation vers les ressources de proximité. Il a été conçu avec les associations de patients et les professionnels de santé, et rencontre un taux de satisfaction proche de 90 %.

Sur le plan de la recherche, 16 millions d'euros ont été mobilisés par l'État, dont plus de 10 millions via un appel à projets dédié, piloté par l'agence nationale chargée de la recherche sur les maladies infectieuses émergentes.

Cinquante projets ont ainsi été soutenus, et une journée scientifique nationale s'est tenue en octobre dernier.

Sur le plan de la formation et de l'outillage des professionnels, pour éviter au maximum les situations d'errance médicale, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié en mai un parcours de soins structuré pour les adultes présentant des symptômes prolongés.

Parallèlement, une priorité spécifique a été intégrée au programme triennal 2023-2025 de l'Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) pour former les soignants à la prise en charge du covid long.

La reconnaissance du covid long comme affection de longue durée est possible à titre individuel, sur critères médicaux.

S'agissant du remboursement des tests PCR, le gouvernement a en effet recentré les investissements sur la prise en charge de ces tests sur prescription médicale.

Nous avançons, étape par étape, avec constance ; mais nous n'ignorons ni la souffrance ni les attentes des patients. La mobilisation du gouvernement reste totale.

M. le président . La parole est à Mme Nadège Abomangoli.

Mme Nadège Abomangoli . Je tiens à saluer vos propos qui reconnaissent les difficultés subies par les malades, parce qu'ils sont totalement absents du débat public français.

Vous avez parlé d'une feuille de route : nous allons en tirer le bilan avec les associations.

Quant aux initiatives de mai, elles sont trop récentes pour que l'on puisse les commenter.

Vous parlez de prise en charge par les médecins généralistes, mais ceux-ci sont souvent mal informés, mal formés. Nous sommes en outre confrontés au problème des déserts médicaux, et compte tenu de la complexité des symptômes que subissent les malades, ils sont souvent contraints d'interrompre leur parcours de soins.

Quant au taux de satisfaction de près de 90 % pour les différents protocoles adoptés par le gouvernement, j'ignore comment vous pouvez obtenir ce chiffre, puisque même le recensement des malades est compliqué.

Je note une volonté de votre part. J'imagine donc que les préconisations qui seront tirées des tables rondes de demain seront entendues par le gouvernement.

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