Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Je vous remercie pour votre question très importante, qui me permet d'apporter des précisions.
L'idée selon laquelle la réforme contraindrait l'élève de seconde à une orientation précoce n'est pas exacte. C'est même l'inverse que nous faisons : jusqu'à aujourd'hui, les élèves devaient précocement s'orienter, car s'ils ne choisissaient pas la filière scientifique - S -, ils se fermaient des portes.
Il existait une hiérarchie implicite, à laquelle de nombreuses personnes voulaient, depuis longtemps, mettre un terme. C'est ce que nous sommes en train de faire. En effet, nous ne demandons certainement pas aux élèves de seconde de choisir le métier qu'ils veulent faire dans quelques années ; au contraire, nous leur demandons de réfléchir à ce qu'ils aiment et de commencer à faire des choix en fonction de leurs inclinations. Ces choix pourront évoluer dans le temps et sont donc réversibles. Ils permettent de se poser de bonnes questions dès la classe de seconde, situation préférable aux décisions prises en terminale conduisant à l'échec dans l'enseignement supérieur. Je conseille à tous de consulter le site horizons2021.fr, qui permet de comprendre la logique de la réforme.
Votre seconde question, tout à fait intéressante elle aussi, a trait à l'égalité entre les élèves dans le territoire. Je viens de regarder la situation du vôtre, que j'ai visité : le lycée d'Albertville propose sept spécialités, ainsi que deux autres – littérature, langues et cultures de l'antiquité, et arts –, qui offrent des opportunités supplémentaires par rapport au choix classique.
Dans votre circonscription, monsieur le député, le lycée de Bourg-Saint-Maurice ne proposait même pas la filière littéraire – L –, à cause de sa petite taille. Un élève peut désormais y choisir la spécialité « Numérique et sciences informatiques », que nous avons créée et qui se retrouve dans plus de la moitié des lycées du pays.
Oui, la réforme offre de nouvelles opportunités aux lycéens et lutte contre les inégalités.