Pierre-Henri DumontMa question s'adresse à M. le ministre de l'action et des comptes publics. Depuis le 4 mars, les douaniers sont mobilisés, particulièrement dans le territoire que je représente, le Calaisis. Cette mobilisation se traduit par une grève du zèle, avec des contrôles de marchandises plus approfondis, principalement en gare du Nord, dans les ports et au tunnel sous la Manche.
Le résultat de cette grève, ce sont des milliers de camions à l'arrêt, engendrant des dizaines de kilomètres de bouchons sur l'A16 et l'A26, des habitants du Calaisis qui arrivent en retard à leur travail tant les routes sont congestionnées, des artisans et entreprises locales, et plus particulièrement les transporteurs, exsangues. Pire, notre territoire renvoie l'image d'une impréparation au Brexit, renforçant nos concurrents belges et néerlandais, alors même que les infrastructures nécessaires aux contrôles ont été construites dans un temps record par les concessionnaires, et que les clés ont été remises à l'État en fin de semaine dernière. Monsieur le ministre, cette situation doit cesser !
Le Calaisis, ses habitants, ses entreprises ne peuvent plus être pris en otage entre des douaniers, qui attendent des réponses concrètes sur le déploiement des effectifs supplémentaires et sur leurs conditions de travail, d'une part, et un Gouvernement qui ne sait leur opposer qu'un silence méprisant, d'autre part. À l'issue d'une réunion avec les syndicats, le 12 mars, vous aviez fait une proposition de 14 millions d'euros : elle a été rejetée. Le 25 mars, le directeur général des douanes a remis la même proposition sur la table. Depuis, plus rien.
Les douaniers sont pourtant prêts à travailler avec vos services afin de trouver une issue à cette crise, si seulement vous leur en offriez la possibilité. Ils ont d'ailleurs fait une contre-proposition, à laquelle ils n'ont toujours pas obtenu de réponse, hormis l'ordre transmis aux agents de ne plus exercer de contrôle visant à lutter contre la fraude, ce qui va à l'encontre du devoir et de la déontologie du métier de douanier.
À quelques semaines du Brexit, le Calaisis, dont l'économie dépend de la fluidité du lien transmanche, ne peut se permettre le luxe de votre stratégie du pourrissement. Ma question est donc simple : quand comptez-vous reprendre les négociations avec les douaniers afin d'offrir des perspectives au Calaisis et à ses habitants ?